Elliot-Lake: le centre commercial était «voué à la ruine»

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à 22h23 HAE, le 25 juillet 2013.

ELLIOT LAKE, Ont. – Le propriétaire du centre commercial Algo d’Elliot Lake a admis jeudi qu’il avait l’argent pour réparer le toit qui coulait, mais qu’il avait choisi de ne pas procéder aux réparations, estimant la dépense inutile.

Témoignant pour une troisième journée à la commission d’enquête publique sur l’effondrement mortel du centre commercial, Bob Nazarian a indiqué qu’il avait vendu une de ses propriétés en 2009 — quatre ans après avoir acheté le centre commercial — puis dépensé 2,6 millions $ pour en acheter une autre.

Lorsque l’avocat de la commission, Peter Doody, lui a demandé pourquoi il n’avait pas plutôt investi dans les réparations, M. Nazarian a répondu que c’était une cause perdue d’avance.

«Le centre commercial Algo était un trou noir. Peu importe le montant d’argent que vous y investiriez… ce centre commercial était voué à la ruine.»

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«Simplement, je ne voulais pas mettre ma vie là-dedans. J’ai travaillé pendant 42 ans afin d’amasser des fonds pour ma famille. Je ne suis pas pour tout mettre dans ce bâtiment.» a-t-il ajouté.

L’aveu choc est survenu après des jours de témoignages relatant à quel point Bob Nazarian avait désespérément cherché du financement pour réparer la toiture qui coulait et qui s’est effondrée l’été dernier, tuant deux femmes.

Contrats douteux

Il a aussi avoué avoir pris part à une série de contrats douteux et de transactions en argent comptant pour obtenir un prêt ou une subvention afin de réparer l’édifice.

«C’était une erreur, je n’aurais pas dû y participer», a-t-il dit. «En désespoir de cause, j’y ai participé».

Le plan, élaboré environ au milieu de 2008, impliquait un «ami cher» des Nazarian, Alex Sennett, qui a créé une compagnie d’entrepreneur général appelée «Empire Roofing and Restoration».

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M. Sennett, qui n’avait jamais été entrepreneur, a ensuite signé des ententes dans les six chiffres avec la compagnie de M. Nazarian, «Eastwood Mall», pour effectuer des travaux de restauration du toit.

M. Sennett a utilisé ces documents pour tenter d’obtenir une subvention, qui lui aurait permis d’embaucher un véritable entrepreneur. Il n’a cependant jamais obtenu d’argent.

M. Nazarian a aussi utilisé les contrats pour se protéger de la Banque Royale, qui menaçait d’exercer un recours hypothécaire en raison de l’état lamentable du centre commercial et qui exigeait des réparations évalués à environ 3 millions $.

Pour faire paraître «Empire» comme une compagnie active, un autre entrepreneur qui avait fait du travail de réfection de toiture a remis 80 000 $ que M. Nazarian lui avait payés.

M. Nazarian a ensuite donné l’argent à «Empire Roofing and Restoration», qui a plus tard remboursé l’autre entrepreneur, Glen Day.

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Réparations irréalisables

Mercredi, Bob Nazarian a indiqué à la commission qu’il était sur le point de signer un contrat d’une valeur de 903 000 $ au printemps 2008, jusqu’à ce qu’il découvre que le projet était irréalisable.

Conçu par un entrepreneur embauché par M. Nazarian, le projet proposait de poser une membrane sur le toit et de la recouvrir d’asphalte.

Un article dans un journal local, datant d’avril 2008, annonçait pourtant que les travaux devaient commencer deux semaines plus tard.

Lors d’échanges musclés avec l’avocat de la commission, Peter Doody, M. Nazarian a blâmé son gérant pour avoir donné de mauvaises informations au public.

Bob Nazarian a aussi décrit à quel point il a désespérément cherché à financer les réparations, par exemple en demandant à la municipalité de laisser tomber les taxes foncières du centre commercial.

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Cependant, la municipalité ne pouvait pas, d’un point de vue juridique, diminuer les taxes du centre commercial.

M. Nazarian a aussi tenté d’obtenir du financement de la Banque Royale, qui pressait le propriétaire de réparer le centre commercial.

Finalement, les réparations proposées n’ont mené à rien et les fuites continuaient, causant la consternation des locataires.

Quelques-uns ont porté plainte ou ont menacé de quitter, ce à quoi les gestionnaires ont répondu par une série de promesses, assurant qu’ils avaient le problème bien en main.

Les supports métalliques étant rouillés, une partie du toit du centre commercial Algo s’est effondré le 23 juin 2012, tuant deux femmes.

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Plus tôt mercredi, M. Nazarian a admis avoir ignoré pendant des années l’ordre de remplacer l’ignifugation du bâtiment, mais a nié avoir été négligent ou entêté, affirmant plutôt que les fuites étaient sa première préoccupation.

La municipalité avait fini par le forcer à obtempérer.

«Éléphant blanc»

M. Nazarian soutient qu’on lui a vendu un «éléphant blanc» en 2005.

Mardi, il a déclaré mardi devant la commission d’enquête publique sur l’effondrement du toit qu’il avait tout fait pour maintenir l’édifice en bon état.

Il a pointé du doigt les anciens propriétaires de l’immeuble, qu’il a accusés de ne pas lui avoir fourni suffisamment d’informations sur le piètre état dans lequel se trouvait la structure au moment de la transaction en 2005.

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Il a également soutenu qu’il ignorait qu’il lui faudrait investir des millions de dollars pour réparer le toit.

M. Nazarian a par ailleurs ajouté qu’il voulait poursuivre les anciens propriétaires, mais que son avocat le lui avait déconseillé.

La semaine dernière, Levon Nazarian, le fils du propriétaire, a été qualifié de menteur lors de son contre-interrogatoire.

Les avocats l’ont accusé d’avoir caché des éléments de preuve sur l’état de détérioration du centre commercial, et d’avoir manqué de professionnalisme dans le but de protéger son père, qui risquait d’en perdre la propriété.

Deux femmes sont mortes – dont une employée d’un comptoir du Collège Boréal – et plusieurs personnes ont été blessées le 23 juin 2012 lorsqu’une portion du stationnement situé sur le toit du centre commercial s’est effondrée.

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