Égypte: les islamistes ne décolèrent pas

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à 10h27 HAE, le 19 juillet 2013.

LE CAIRE – Plusieurs milliers de personnes manifestaient dans différentes villes d’Égypte, vendredi, réclamant le retour au pouvoir de Mohammed Morsi, le président destitué par les militaires il y a deux semaines.

Brandissant des drapeaux égyptiens et des photos de l’ex-président islamiste, les manifestants ont scandé des slogans contre le chef de l’armée, le général Abdel-Fatah al-Sissi.

Au Caire, les manifestants ont convergé vers une mosquée de l’est de la ville, où des milliers de partisans islamistes tiennent un «sit-in» depuis la destitution de M. Morsi.

Au moins 400 personnes ont manifesté à El-Arish, dans le nord de la péninsule du Sinaï. L’armée a distribué des dépliants appelant les citoyens à protéger le Sinaï contre les «terroristes».

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Le nord du Sinaï a connu de nombreuses attaques de militants islamistes contre les forces de sécurité égyptiennes depuis deux ans. Le rythme des violences s’est accéléré depuis le renversement de Mohammed Morsi. Pour faire face à la situation, l’Égypte a renforcé sa sécurité dans la région avec l’accord d’Israël, qui s’inquiète aussi de l’intensification des attaques.

Malgré la chaleur qui accablait l’Égypte vendredi, des manifestants pro-Morsi se sont également rassemblés à Alexandrie et dans plusieurs villes du delta du Nil.

Les manifestations de vendredi coïncident avec le 10e jour du Ramadan, le mois sacré des musulmans, que les Égyptiens célèbrent en commémorant le jour où leurs forces armées ont franchi le canal de Suez, en octobre 1973, lors de la guerre avec Israël. Des avions de combat ont survolé la capitale pour souligner l’événement.

Les jeunes militants pro-démocratie qui avaient lancé les grandes manifestations ayant mené à la destitution de Mohammed Morsi par les militaires avaient également prévu de manifester sur la place Tahrir pour marquer le 10e jour du Ramadan, faisant craindre de nouveaux affrontements dans la capitale.

Même si les deux principales manifestations sont distantes de plusieurs kilomètres dans cette ville de 18 millions d’habitants, des marches de l’un ou l’autre des camps pourraient provoquer des accrochages.

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Une soixantaine de personnes ont été tuées dans les affrontements survenus depuis la destitution du président islamiste.

Aucun islamiste dans le nouveau gouvernement

Le président intérimaire de l’Égypte a assermenté mardi un nouveau cabinet, le premier depuis la destitution du président islamiste par les militaires, il y a deux semaines.

Des membres du mouvement libéral ont obtenu des postes importants et le cabinet compte trois femmes sur un total de 33 ministres, en plus du premier ministre.

Le nouveau gouvernement sera dirigé par le premier ministre Hazem el-Beblawi, un économiste. Le ministre de la Défense, le général Abdel-Fattah el-Sissi, qui a destitué le président Mohammed Morsi le 3 juillet, conserve son poste à la défense et devient également vice-premier ministre, un titre additionnel donné aux ministre de la Défense dans le passé.

Le ministre de l’Intérieur nommé par M. Morsi, Mohammed Ibrahim, conserve son poste et reste responsable de la police. Nabil Fahmy, qui a été ambassadeur de l’Égypte aux États-Unis de 1999 à 2008, a été nommé ministre des Affaires étrangères.

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Soulignant l’approche relativement libérale du nouveau gouvernement, le président Adly Mansour a aussi nommé trois femmes dans son cabinet. Elles dirigeront les puissants ministères de l’Information et de la Santé, ainsi que le ministère de l’Environnement.

La plupart des gouvernements égyptiens des dernières décennies ne comptaient pas plus de deux femmes.

Le président intérimaire a par ailleurs nommé une vedette du soccer égyptien en tant que ministre de la Jeunesse, une première dans le pays. Taher Abu Zeid a joué pour le club El-Ahly du Caire dans les années 1980.

Le cabinet ne comprend aucune personnalité issue des partis islamistes. Le porte-parole du président intérimaire a cependant déclaré que des postes seraient offerts aux Frères musulmans, le groupe islamiste dont Mohammed Morsi est issu.

Le groupe a refusé l’offre, affirmant qu’il ne participerait pas à la transition politique soutenue par les militaires et qu’il continuerait de manifester pour réclamer le retour au pouvoir de M. Morsi. Les partisans du président destitué accusent l’armée d’avoir mené un coup d’État qui a détruit la démocratie égyptienne.

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La nomination du nouveau gouvernement survient après une nouvelle nuit de violences dans la capitale égyptienne. Au moins sept personnes ont perdu la vie dans les affrontements entre la police et des partisans de M. Morsi, selon les autorités.

La semaine dernière, un affrontement similaire avait fait plus de 50 morts au Caire.

Le chef du département des urgences au ministère de la Santé, Khaled el-Khateeb, a indiqué que les manifestations survenues dans la nuit de lundi à mardi dans quatre endroits différents de la capitale avaient également fait 261 blessés.

L’agence de presse officielle égyptienne a déclaré que 17 policiers avaient été blessés dans les violences, et que 401 personnes avaient été arrêtées.

Les autorités n’ont pas expliqué comment les sept personnes ont été tuées, mais selon des responsables de la sécurité, quatre d’entre elles ont perdu la vie dans un affrontement entre des partisans de Mohammed Morsi qui tenaient un «sit-in» près du principal campus de l’université du Caire et des résidants du quartier. Ces responsables ont réclamé l’anonymat parce qu’ils n’étaient pas autorisés à s’adresser aux médias.

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Les affrontements ont commencé après les manifestations de lundi soir réclamant le retour au pouvoir de Mohammed Morsi. Les rassemblements ont pris une tournure violente quand la police a tiré des gaz lacrymogènes sur des manifestants qui brûlaient des pneus, lançaient des pierres et bloquaient la circulation sur la principale artère qui traverse le centre du Caire.

Les Frères musulmans ont affirmé que les policiers avaient tiré à balles réelles sur les manifestants.

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