Égypte: les autorités attendront avant de disperser les manifestants

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à 14h52 HAE, le 12 août 2013.

LE CAIRE – Un responsable égyptien de la sécurité a indiqué lundi que les forces de l’ordre attendront encore un peu avant de disperser deux manifestations assises organisées par les partisans du président déchu Mohammed Morsi, pour tenter d’éviter toute effusion de sang.

Le responsable a ajouté sous le couvert de l’anonymat que cette décision avait été prise après que les manifestants, alertés par les médias du plan d’intervention des forces de l’ordre, eurent renforcé les sit-in.

Des dizaines de milliers de manifestants réclament le retour au pouvoir du président Mohammed Morsi, chassé par l’armée le 3 juillet.

Les forces de l’ordre avaient prévu encercler, dès lundi matin, les deux sites où les manifestants sont rassemblés au Caire. Ce délai devrait permettre de calmer temporairement les tensions ravivées pendant la nuit, alors que la population jure qu’une intervention policière donnerait lieu à une nouvelle vague de violence.

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L’issue de ce bras de fer entre manifestants pro-Morsi et le gouvernement, appuyé par l’armée, demeure toutefois incertaine.

Affrontements meurtriers

Par ailleurs, un juge égyptien a ordonné lundi le maintien en détention de M. Morsi pendant 15 jours de plus. Ce dernier est soupçonné de s’être évadé de la prison Wadi al-Natroun, à l’ouest du Caire, avec l’aide de militants du groupe Hamas.

L’annonce de ce délai est survenu alors que ses partisans se rassemblaient de nouveau pour exiger son retour au pouvoir, descendant les rues du Caire et scandant des slogans hostiles à l’armée.

Au moins 130 militants favorables au président déchu ont été tués dans deux affrontements majeurs survenus aux abords du principal camp de manifestants.

Dans une tentative d’éviter leur évincement, des milliers d’Égyptiens ont rejoint les manifestants aux sit-in dimanche après que la nouvelle de l’intervention de l’armée eut été dévoilée par les médias.

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Un représentant de l’armée a déclaré sous le couvert de l’anonymat que les militaires avaient été consternés par la taille des foules massées autour des campements, affirmant que le déploiement des forces de l’ordre aurait donné lieu à un «massacre».

Le gouvernement égyptien avait décidé de disperser les manifestants après l’échec de près de deux semaines de négociations, orchestrées par la communauté internationale, qui devaient permettre de trouver une issue pacifique à la crise.

Le premier ministre intérimaire de l’Égypte avait prévenu que cette décision était «irréversible», alors que le vice-président et lauréat d’un prix Nobel Mohamed El Baradei aurait fait pression, selon un représentant, pour que les pourparlers soient prolongés et aurait menacé de démissionner si l’usage de la force était excessif.

Intervention dans le Sinaï

Par ailleurs, au moins douze individus ont été tués dans la péninsule du Sinaï lorsque des hommes à bord d’hélicoptères de l’armée égyptienne ont fait feu contre de présumés activistes, ont rapporté dimanche des représentants locaux.

Les autorités ont renforcé leurs attaques dans la foulée de la frappe d’un drone israélien dans la région.

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L’opération de dimanche survient alors que les gouvernements égyptien et israélien tentent de minimiser l’attaque au drone de vendredi dans cette même région du Sinaï, craignant la colère de la population déjà échaudée par le coup d’État de l’armée qui a mené, le mois dernier, à l’expulsion du président Mohammed Morsi.

Des responsables égyptiens ont indiqué que trois hélicoptères avaient abattu des militants dans le village de Sheik Zuweid tard samedi et qu’une dizaine d’autres avaient été blessés.

Un porte-parole de l’armée, le colonel Ahmed Mohammed Ali, a plus tard confirmé cette attaque sur sa page Facebook, soulignant que 25 activistes avaient été ciblés dans l’opération, sans toutefois préciser le nombre de morts.

Ces présumés militants étaient recherchés en lien avec une attaque perpétrée plus tôt cette année contre des soldats égyptiens et ayant fait 16 morts, a soutenu le colonel Ali. Ils étaient aussi recherchés relativement à l’enlèvement de sept membres des forces de l’ordre dans un rapt aussi survenu plus tôt cette année, a-t-il poursuivi.

L’armée et les forces de l’ordre de l’Égypte mènent une longue bataille contre les militants de la partie nord de la péninsule du Sinaï pour tenter d’y reprendre le contrôle. La zone y est notamment reconnue, depuis des années, pour être un lieu de trafic illicite ainsi que d’autres activités criminelles.

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Les attaques contre les membres du personnel de sécurité se sont par ailleurs multipliées depuis la chute du président Morsi, le 3 juillet.

Vendredi, des représentants des forces de l’ordre égyptiennes avaient affirmé à l’Associated Press qu’un drone israélien avait fait cinq morts parmi des insurgés qui s’apprêtaient à tirer des roquettes en direction d’Israël. Le gouvernement israélien semble être demeuré muet à propos de cette intervention militaire dans le but d’éviter à l’armée égyptienne des représailles internes.

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