Égypte: la police va démanteler les camps des islamistes

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à 20h25 HAE, le 31 juillet 2013.

LE CAIRE – Le gouvernement égyptien, soutenu par les militaires, a ordonné mercredi à la police de démanteler deux camps de manifestants pro-Morsi au Caire, affirmant que les partisans du président destitué représentent une menace à la sécurité nationale et qu’ils «terrorisent» les citoyens.

L’annonce laisse croire à une répression imminente contre les deux «sit-in» lourdement barricadés, l’un devant une mosquée de l’est de la capitale et l’autre devant le principal campus de l’université du Caire. Elle fait également craindre de nouvelles violences, après des affrontements entre policiers et manifestants islamistes qui ont fait plus de 130 morts depuis le début du mois de juillet.

Le ministre de l’Intérieur, Mohammed Ibrahim, a indiqué que l’ordre de démantèlement serait exécuté de façon progressive, conformément aux instructions des procureurs. Lors d’une entrevue téléphonique avec l’Associated Press, M. Ibrahim a dit espérer que les manifestants partent d’eux-mêmes, sans que les autorités aient à intervenir.

Ahmed Sobaie, un porte-parole du parti Liberté et Justice affilié aux Frères musulmans, a affirmé que la décision du gouvernement ouvrait la voie à «un autre massacre».

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Les organisateurs des manifestations des partisans de Mohammed Morsi affirment que la poursuite du mouvement est une preuve des appuis durables dont bénéficie le président destitué par les militaires le 3 juillet.

Les Frères musulmans ont jusqu’à présent refusé de coopérer avec les nouveaux dirigeants intérimaires du pays et de participer au plan de transition élaboré par les militaires, en vue de céder le pouvoir à un gouvernement élu démocratiquement d’ici le début de 2014.

Les autorités ont déjà commencé à sévir contre les Frères musulmans, en arrêtant M. Morsi et d’autres responsables de la confrérie. Mercredi, des procureurs ont cité à procès trois hauts responsables des Frères musulmans, accusés d’avoir incité au meurtre d’au moins huit manifestants le mois dernier au Caire.

Les trois leaders sont Mohammed Badie, le chef en cavale du groupe; son puissant adjoint, Khairat el-Shater; et un important dirigeant du mouvement, Rashad Bayoumi.

La semaine dernière, les procureurs égyptiens ont annoncé que M. Morsi, qui est détenu dans un lieu inconnu depuis sa destitution, était soupçonné d’avoir comploté avec des militants du Hamas palestinien pour s’échapper de prison pendant le soulèvement qui a mené au départ d’Hosni Moubarak, en 2011.

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Première rencontre

Le président destitué par les militaires a reçu lundi la visite de la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, première personnalité étrangère à la rencontrer depuis le coup d’État le 3 juillet.

Le sort de M. Morsi est source de tensions entre les dirigeants intérimaires de l’Égypte et la communauté internationale. Des pays occidentaux et des organisations humanitaires réclament qu’il soit libéré s’il n’est pas mis en accusation formellement.

Mme Ashton a insisté sur la nécessité de trouver une issue pacifique à la crise égyptienne. Elle a appelé à la mise en place d’un processus politique qui ferait une place à tous, y compris au mouvement des Frères musulmans dont est issu M. Morsi. Elle a également demandé la fin des violences entre les opposants et les partisans de M. Morsi.

Un porte-parole de l’Union européenne, Michael Mann, a indiqué que Mme Ashton ne savait pas exactement où est détenu M. Morsi, même si elle n’a pas eu les yeux bandés pendant le trajet l’ayant conduit à son lieu de détention. Les responsables européens avaient confié sa sécurité aux autorités égyptiennes durant la visite.

Mme Ashton a indiqué avoir discuté de la crise politique avec le président déchu et de la nécessité d’aller de l’avant. Elle a ajouté que Mohammed Morsi avait accès à des journaux et à la télévision.

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C’est la deuxième visite de Mme Ashton en Égypte ce mois-ci. La chef de la diplomatie européenne cherche une issue à la crise égyptienne, et s’est entretenue aussi bien avec le gouvernement appuyé par l’armée qu’avec les partisans du président destitué.

Mme Ashton a rencontré le ministre de la Défense, le général Abdel-Fattah el-Sissi, ainsi que des représentants des Frères musulmans.

Le vice-président égyptien intérimaire, Mohamed ElBaradei, s’est adressé aux médias en compagnie de Mme Ashton. Il a lui aussi lancé un appel au calme, déclarant que toutes les options seraient sur la table une fois que la violence aura cessé et que le dialogue aura repris.

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À lire aussi: d’autres reportages et éditoriaux sur le coup d’État en Égypte.

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