Des rebelles syriens et des militants du Hezbollah s’affrontent au Liban

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à 14h45 HAE, le 2 juin 2013.

BEYROUTH – Un violent affrontement entre les rebelles syriens et les militants du Hezbollah a éclaté au Liban dans la nuit de samedi à dimanche, ont rapporté un représentant des forces de sécurité libanaises et les médias locaux, plus récent signe que la guerre civile en Syrie a commencé à se propager au pays voisin.

Il s’agit du pire combat à être survenu en territoire libanais depuis le début du conflit syrien il y a deux ans. Cet incident souligne le risque grandissant que représente la guerre civile en Syrie pour le Liban, déjà fragilisé par les violences religieuses.

La tension entre l’opposition syrienne et le Hezbollah, qui a pris le parti du régime du président Bachar el-Assad, a monté d’un cran depuis le mois dernier, lorsque le mouvement chiite libanais a décidé d’augmenter son soutien au gouvernement de la Syrie.

Les rebelles ont juré de s’en prendre aux installations du Hezbollah au Liban et, samedi, 18 roquettes et obus de mortier ont frappé Baalbek, un château fort des militants chiites.

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Dans la nuit de samedi à dimanche, les combattants du Hezbollah ont apparemment encerclé des rebelles syriens et leurs alliés libanais soupçonnés d’être derrière l’attaque contre Baalbek et leur ont tendu une embuscade, a révélé sous le couvert de l’anonymat un représentant des forces de sécurité libanaises.

Selon lui, plusieurs militants et rebelles ont été tués au cours de l’affrontement qui s’est déroulé entre Baalbek et la frontière du Liban avec la Syrie.

La chaîne télévisée libanaise Al-Mayadeen, qui est vue comme étant favorable au régime syrien, a rapporté que 17 combattants de Jabhat al-Nosra, un groupe affilié à Al-Qaida, avaient péri durant le combat.

Les violences entre les rebelles et le Hezbollah sont liées aux tentatives du régime Assad pour conquérir Qousseir, une ville tenue par l’opposition dans l’ouest de la Syrie.

L’implication du mouvement libanais dans la bataille pour le contrôle de cet endroit stratégique a dévoilé au grand jour le rôle de plus en plus important joué par le Hezbollah dans la guerre civile syrienne, raison pour laquelle les rebelles ont décidé de s’en prendre à ses bases au Liban.

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Convoi de réfugiés

Vendredi, l’armée syrienne aurait ouvert le feu contre un convoi qui tentait d’évacuer des réfugiés blessés près de la frontière avec le Liban, faisant sept morts.

L’Observatoire syrien des droits de la personne affirme que des dizaines d’autres personnes ont été blessées lors de cette attaque qui se serait produite près de la ville de Qusair.

Des soldats syriens appuyés par les militants du groupe libanais Hezbollah essaient de capturer cette ville depuis près de deux semaines. Les affrontements ont fait des dizaines de morts des deux côtés.

Un militant basé à Qusair a dit à l’Associated Press, par le biais de Skype, que 800 blessés attendent d’être évacués de la ville, dont certains qui seraient grièvement touchés.

La bataille pour Qusair a étalé au grand jour le rôle de plus en plus important joué par le Hezbollah dans le conflit syrien.

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Course aux armements

Par ailleurs, un manufacturier russe d’armes prévoit livrer au moins 10 avions de combat à la Syrie.

Le directeur général de la société MiG, Sergeï Korotkov, a indiqué à des médias russes vendredi qu’une délégation syrienne se trouvait à Moscou pour discuter de l’achat de chasseurs Mig-20 M/M2.

La Russie a déjà indiqué qu’elle entend respecter tous les contrats de vente d’armes conclus avec la Syrie, notamment la livraison prochaine de missiles anti-aériens sophistiqués.

Les observateurs de la crise syrienne redoutent une course aux armements alimentée par des pays étrangers, après que l’Union européenne eut décidé de lever son embargo sur l’acheminement d’armes aux rebelles.

Les récents développements pourraient considérablement augmenter la force de frappe de chaque camp, après deux années de guerre qui ont fait plus de 70 000 morts et des centaines de milliers de déplacés. Ils surviennent alors que les États-Unis et la Russie préparent une importante conférence de paix à Genève le mois prochain, considérée comme la meilleure chance jusqu’à maintenant de mettre fin au conflit.

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Israël

La décision de l’Union européenne (UE) de lever l’embargo sur les armes, annoncée tard lundi soir, a provoqué d’importantes retombées politiques dans les heures qui ont suivi.

La Russie, qui reste l’un des plus importants appuis du gouvernement syrien, a critiqué la décision de l’UE.

Le gouvernement israélien a répliqué à la Russie en annonçant qu’il se tenait prêt à attaquer toute livraison de ce type en Syrie.

Les pays européens ont continué d’exprimer leurs divisions sur la possibilité d’acheminer des armes aux rebelles. Mais les analystes estiment que la décision de l’UE aura peu d’impact immédiat sur les combats en Syrie.

Washington

À Washington, le porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney, a déclaré que l’administration Obama avait pris acte de la décision, mais que les États-Unis continuaient de s’opposer à l’armement des rebelles syriens.

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À Moscou, le vice-ministre des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a estimé que la décision de l’UE nuisait aux chances de conclure la paix lors des pourparlers à Genève. Il a également confirmé que la Russie avait signé un contrat avec le gouvernement syrien afin de lui fournir des missiles anti-aériens à la fine pointe de la technologie, qu’il a jugés importants pour empêcher toute intervention étrangère en Syrie.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a estimé que la décision de l’UE était «illégitime» et que les discussions sur la possibilité de fournir des armes à des groupes non gouvernementaux allait «à l’encontre de toutes les normes du droit international».

Le ministre syrien des Affaires étrangères a également condamné la décision européenne, jugeant qu’il s’agit d’une «violation flagrante du droit international et des conventions de l’ONU».

Le Hezbollah

Israël fait pression sur la Russie pour qu’elle ne livre pas les missiles anti-aériens à la Syrie, craignant que les missiles ne tombent entre les mains de groupes qui lui sont hostiles, comme le Hezbollah.

Selon le ministre israélien de la Défense, Moshe Yaalon, la Russie n’a pas encore acheminé les missiles en Syrie. Il a précisé que l’armée israélienne «saurait quoi faire» si les missiles venaient à être livrés.

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Un représentant des rebelles syriens a salué mardi la décision de l’UE, tout en déplorant qu’aucun transfert d’armes ne soit prévu avant le mois d’août. Selon Louay Safi, ce délai permettra au régime de Bachar el-Assad de continuer à tuer des Syriens.

Débordement au Liban

Sur le terrain, des hommes armés ont abattu trois soldats libanais mardi lors d’une fusillade en voiture visant un poste de contrôle gouvernemental près de la frontière syrienne, selon l’armée libanaise.

L’incident s’est produit à Arsal, à environ 12 kilomètres de la frontière syrienne. L’armée libanaise a lancé des recherches pour retrouver les assaillants.

Au nord d’Arsal, deux roquettes tirées à partir du territoire syrien sont tombée dans la ville libanaise d’Hermel, blessant plusieurs personnes, ont indiqué des responsables libanais de la sécurité sous le couvert de l’anonymat.

La ville d’Hermel se trouve tout près de Qousseir, où des combattants du Hezbollah libanais appuient l’armée syrienne contre les rebelles qui défendent cette ville stratégique.

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