Des politiciens critiquent l’interdiction du turban au soccer québécois

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à 17h59 HAE, le 7 juin 2013.

MONTRÉAL – L’Association canadienne de soccer (ACS) tente de faire renverser une interdiction du port du turban au Québec et affirme que les responsables provinciaux n’avaient pas le droit d’imposer une telle règle.

L’organisation s’invite ainsi plus fermement dans la controverse à propos de la décision de la Fédération de soccer du Québec d’interdire aux joueurs de porter le turban.

L’ACS, installée à Ottawa, a annoncé vendredi qu’elle discutait de la question avec l’organisme québécois. Elle a ajouté considérer cette affaire comme étant de la plus haute importance, et s’attendre à un changement de position.

L’ACS dépend directement de la Fédération internationale de football association (FIFA) et est en charge d’accepter ou de révoquer le statut de membre des fédérations provinciales.

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Sa charte stipule qu’elle établit les règles à la grandeur du pays, et a le pouvoir de suspendre une association provinciale.

Le Québec est la seule province a avoir refusé d’autoriser le port du turban. La fédération a expliqué cette semaine qu’elle craignait pour la sécurité des joueurs et a souligné que les règles de la FIFA n’autorisaient pas spécifiquement les turbans. Elles ne les interdisent cependant pas clairement non plus.

«La Fédération de soccer du Québec tombe sous notre supervision. Alors elle devrait appliquer les règles en fonction de nos directives», a indiqué un responsable de l’association canadienne, requérant l’anonymat.

Le président de l’ACS, Victor Montagliani, a déclaré jeudi par voie de communiqué qu’une majorité de membres étaient en faveur du port du turban et voulaient que le Québec fasse marche arrière.

La décision québécoise touche de 100 à 200 personnes, selon des estimations. Le geste a été dénoncé par le gouvernement conservateur et des députés libéraux.

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À l’Assemblée nationale du Québec, le chef de l’opposition officielle, Jean-Marc Fournier, a lui aussi remis en question la pertinence de cette interdiction.

«La règle, autant pour la FIFA qu’ici au Canada, est de laisser jouer avec le hijab, en vérifiant pendant le jeu les mesures de sécurité, pour s’assurer qu’il n’y ait pas de danger. Honnêtement, je me dis qu’on aurait pu suivre le même raisonnement pour le turban», a-t-il souligné.

Des ministres conservateurs ont dénoncé la position controversée de la fédération et exigé qu’elle soit révisée, afin de permettre aux enfants portant le turban de jouer eux aussi au soccer dans les clubs amateurs de la province.

La fédération québécoise, la seule au Canada à appliquer de façon rigide le règlement de la Fédération Internationale de football association (FIFA), a toutefois maintenu sa décision, mardi, et a rejeté les étiquettes de racisme et d’intolérance qui ont été accolées à cet interdit. Quelque 200 petits joueurs sikhs du Québec devront rester sur les bancs en raison du règlement de l’organisation.

L’Association canadienne de soccer avait envoyé une directive à l’ensemble des fédérations provinciales pour permettre le port de turbans, patkas et keskis. Seul le Québec a refusé de s’y plier, invoquant la loi 4 des règlements de la FIFA.

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Au niveau international et dans leurs propres pays, les professionnels jouent sans turbans.

Le gouvernement Harper a exprimé son désaccord sur de nombreuses tribunes, mardi, notamment sur Twitter et à la Chambre des communes.

Le ministre à la Sécurité publique, Vic Toews, a écrit sur son compte Twitter que le fait d’interdire à des «enfants de 5 ans de jouer au soccer pour des raisons de sécurité bidons» était inacceptable et ce, dans toutes les provinces canadiennes.

Le ministre d’État aux sports, Bal Gosal, a quant à lui dénoncé la décision aux Communes, soutenant que le sport amateur devrait permettre l’inclusion, et non l’exclusion, des enfants dans la société.

«Nous ne croyons pas qu’il y ait de bonne raison d’interdire à des enfants de jouer au soccer à cause de leur religion», a-t-il déclaré.

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La réaction du Parti conservateur aura été nettement plus vigoureuse qu’en 2007, alors que des jeunes musulmanes portant le hijab avaient été expulsées d’un cours de taekwondo au Québec. Le ministre de l’Immigration, Jason Kenney, s’était alors précipité vers les escaliers pour éviter de répondre aux questions des journalistes à ce sujet. Cette fois-ci, il a joint sa voix au concert de protestations sur Twitter.

«Un sport tel le soccer devrait encourager les enfants à participer, et non à les exclure à cause de leurs traditions religieuses», a-t-il écrit.

Le député fédéral conservateur de Brampton, Parm Gill, qui est d’origine indienne, s’est dit déçu de la décision et invite les diverses instances impliquées à trouver une solution pour que les jeunes qui sont concernés par la décision puissent jouer au soccer avec les autres.

La tradition chez les sikhs veut que les hommes couvrent leurs cheveux avec un turban.

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