Des mythes sur l’obésité déboulonnés

Partagez
Tweetez
Envoyez

à 22h50 HNE, le 3 février 2013.

Vrai ou faux? Faire l’amour permet de brûler beaucoup de calories. Grignoter ou sauter le petit-déjeuner est à déconseiller. Les cours d’éducation physique ont un impact direct sur le poids des enfants.

Tous ces énoncés sont des mythes — ou à tout le moins des idées reçues — qui ne sont pas nécessairement véridiques, selon des chercheurs qui se sont penchés sur les fondements scientifiques de certaines croyances reliées à l’obésité.

Dans un rapport publié jeudi par le New England Journal of Medicine, des scientifiques soutiennent que les dogmes et les informations erronées qui circulent empêchent les Américains de trouver de véritables solutions au problème de l’obésité.

Or, ce qui compte, ce sont les preuves scientifiques, affirme le chercheur principal de l’étude, David Allison. Et les conseils promulgués par des soi-disant spécialistes en santé n’en contiennent souvent pas, estime le biostatisticien de l’université de l’Alabama à Birmingham.

l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Des chercheurs indépendants interrogés par l’Associated Press reconnaissent que les auteurs de cette étude ont des arguments et des preuves valables. Mais plusieurs d’entre eux ont des liens financiers étroits avec des fabricants d’aliments, de boissons et de produits amaigrissants. La mention de ces liens occupe d’ailleurs la moitié d’une page dans le magazine.

«Cela soulève des questions concernant l’objectif de l’article et si celui-ci cherche à faire la promotion de médicaments, de substituts de repas ou des chirurgies bariatriques», signale Marion Nestle, professeure en nutrition à l’université de New York.

«Le facteur le plus important en matière de perte de poids demeure la façon dont on peut modifier l’environnement alimentaire pour permettre aux gens de faire des choix plus santé», ajoute-t-elle.

Certains des mythes étudiés par les auteurs de l’étude publiée jeudi n’en demeurent pas moins intéressants, indique la professeure.

Faire l’amour, par exemple. Certains prétendent qu’une relation sexuelle permet de perdre entre 100 et 300 calories. Or, la seule étude scientifique réalisée à ce sujet a permis de déterminer que les relations sexuelles d’une durée moyenne de six minutes entraînaient une dépense calorique d’à peine 21 calories. Et l’étude réalisée en 1984 s’est penchée exclusivement sur les hommes.

l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Le fait de grignoter mène-t-il à un gain de poids? Aucune étude sérieuse ne le conclut, soutiennent les auteurs.

Les cours d’éducation physique offerts dans les établissements scolaires ont-ils un impact majeur sur le poids des enfants? Non, affirment les auteurs: les cours ne sont pas assez longs, assez fréquents ou assez intenses pour avoir une influence marquante sur la masse pondérale des jeunes.

Le fait de se fixer des objectifs trop élevés en matière de perte de poids peut-il finir par être décourageant? Pas nécessairement: certaines études laissent entendre que les objectifs ambitieux permettent à certains de maigrir plus facilement.

Un important chercheur en matière de recherche sur l’obésité, le Dr David Ludwig, se dit «en accord avec la plupart des conclusions» des auteurs de l’étude, sauf celles voulant que les substituts de repas et la médication aident à combattre l’obésité.

Bon nombre de produits amaigrissants vendus au cours du dernier siècle ont fait l’objet de rappels en raison des effets secondaires sérieux qu’ils provoquaient, rappelle le chercheur de l’hôpital pour enfants de Boston, qui n’a aucun lien avec cette industrie. Il y a «beaucoup plus de preuves d’échecs que de succès», plaide-t-il.

Les résultats de l’étude sont détaillés dans le numéro du New England Journal of Medicine paru le 31 janvier.

Partagez
Tweetez
Envoyez
l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur