De plus en plus de médecins


16 novembre 2012 à 11h40

à 18h07 HNE, le 15 novembre 2012.

TORONTO – Au cours des cinq dernières années, le nombre de médecins au Canada a augmenté trois fois plus vite que la population, selon un rapport publié jeudi.

L’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) affirme qu’il y avait plus de 72 500 médecins qui s’occupaient de patients au pays en 2011, une augmentation de 14 pour cent depuis 2007. La population canadienne a quant à elle crû de 4,7 pour cent au cours de la même période.

Le Québec, la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve-et-Labrador présentaient le ratio le plus élevé de médecins par rapport à la population. Au Québec, il y avait 231 médecins par 100 000 habitants, derrière seulement la Nouvelle-Écosse qui en comptait 240 par 100 000 habitants.

La Saskatchewan et l’Île-du-Prince-Édouard avaient le plus bas ratio.

En 2011, 51 pour cent des médecins canadiens pratiquaient la médecine familiale, et 49 pour cent étaient des spécialistes en médecine ou en chirurgie.

Le rapport de l’ICIS précise que plus de médecins pratiquent dans des régions rurales qu’il y a cinq ans — 15 pour cent des omnipraticiens du pays sont établis dans une région rurale.

Selon le spécialiste des ressources humaines en santé à l’ICIS, Goeff Ballinger, le rapport indique que le fossé entre le nombre de médecins ruraux et urbains s’amenuise, un phénomène qu’il a qualifié d’encourageant.

«De nombreuses régions ont mis en place des programmes qui incitent les nouveaux diplômés à travailler dans les régions rurales. Ces initiatives encouragent les médecins à pratiquer dans des collectivités où il est difficile d’avoir accès à un médecin», a-t-il expliqué.

En dépit de ces améliorations, certaines communautés rurales sont toujours aux prises avec une pénurie de médecins. Celle-ci a provoqué la fermeture ou la réduction du nombre d’heures aux urgences de plusieurs communautés rurales de la Colombie-Britannique.

Le rapport relève également une proportion grandissante de femmes médecins. L’année dernière, environ 36 pour cent des médecins canadiens étaient des femmes, un bond de 23 pour cent par rapport à 2007. Au cours de la même période, la quantité d’hommes médecins a augmenté de seulement neuf pour cent.

Le Québec est la province qui compte la plus grande proportion de femmes médecins, avec 42 pour cent en 2011, suivi du Nouveau-Brunswick, avec 36 pour cent.

Dans l’ensemble des provinces, les femmes sont davantage omnipraticiennes que spécialistes.

Le rapport souligne également qu’en 2011, environ le quart des médecins, soit 24,5 pour cent, avaient reçu leur doctorat en médecine à l’étranger.

C’est au Québec où l’on retrouve le moins de médecins formés à l’étranger, avec 11,3 pour cent, contre 46,5 pour cent en Saskatchewan, la province qui en compte le plus.

Pendant les cinq années étudiées dans le rapport, le nombre de médecins qui sont entrés au Canada est plus élevé que ceux qui l’ont quitté.

En 2011, un gain net de 99 médecins a été réalisé grâce à la migration internationale. La plupart d’entre eux se sont établis en Ontario, au Québec et en Alberta avec 43, 28 et 14 médecins respectivement.

Le rapport souligne également que 0,8 pour cent des médecins ont migré vers une autre province canadienne. De 2007 à 2011, le Québec a perdu des médecins au profit du reste du Canada pour toutes les années sauf en 2011.

«Nous avons maintenant plus de médecins que jamais. Avec l’arrivée constante sur le marché du travail de nouveaux diplômés et la hausse du nombre de médecins formés à l’étranger, cette tendance à la hausse ne peut que continuer au cours des prochaines années», a noté Jean-Marie Berthelot, vice-président des programmes à l’ICIS.

«Cela dit, ces chiffres à eux seuls ne suffisent pas à expliquer cette hausse. Une meilleure compréhension de l’organisation des soins, des besoins des patients et de la charge de travail des médecins nous permettra de déterminer si la croissance du nombre de médecins contribue réellement à l’amélioration de l’accès aux soins de santé pour tous les Canadiens», a-t-il souligné.

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