Côte d’Ivoire: des barricades auraient coincé les gens piétinés au Nouvel An

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à 11h56 HNE, le 2 janvier 2013.

ABIDJAN – Les survivants d’un mouvement de foule massif en Côte d’Ivoire au cours duquel 61 personnes ont été piétinées, la plupart des femmes et des enfants, ont indiqué mercredi que des barricades improvisées les ont empêchés de se déplacer le long d’un grand boulevard, ce qui aurait causé la tragédie.

Le président ivoirien Alassane Ouattara a ordonné trois jours de deuil national et a lancé une enquête sur la cause de la tragédie mais deux survivants, en entrevue avec l’Associated Press, ont expliqué pourquoi, selon eux, tant de personnes ont péri sur le boulevard de la République, qui aurait dû être ouvert à la circulation.

La police de la Côte d’Ivoire a affirmé pour sa part que des gens non identifiés avaient placé trois camions sur le boulevard. Une porte-parole a précisé que la police avait rouvert plusieurs voies de circulation après le spectacle pyrotechnique, mais n’avait pas encore écarté ces trois véhicules.

Quelque 50 000 personnes s’étaient rassemblées au stade Félix Houphouët-Boigny et ailleurs dans le quartier du plateau d’Abidjan pour voir un spectacle pyrotechnique. Lorsqu’elles ont quitté les lieux, elles se sont heurtées à des barricades.

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Une survivante, Zoure Sanate, a raconté la tragédie depuis son lit de l’hôpital Cocody, où elle était hospitalisée avec deux de ses quatre enfants. Les deux autres, qui étaient également avec elle lors du mouvement de foule, sont toujours disparus.

Près du palais de justice, a-t-elle expliqué, la foule a été arrêtée par des gens qui avaient mis des barrières de bois dans la rue, disant que les fêtards devaient rester dans ce quartier jusqu’au lendemain matin, ce que la foule a refusé de faire. Un autre survivant, Brahima Compaore, a raconté qu’il avait également été pris dans la foule qui avait été stoppée par les barricades.

«Je me suis retrouvé sur le sol et les gens me marchaient dessus. J’ai seulement été sauvé par des gens qui m’ont tiré sur le trottoir», a-t-il confié.

Des médias locaux ont suggéré que des brigands avaient mis en place des barricades dans le but de voler de l’argent et des téléphones cellulaires.

Le gouvernement Ouattara avait organisé ce spectacle pyrotechnique afin de souligner le climat pacifique qui règne en Côte d’Ivoire, après les mois de violence ayant suivi les élections présidentielles contestées de 2011. C’était la deuxième année consécutive que de tels feux d’artifice illuminaient le ciel d’Abidjan pour le Nouvel An.

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Des milliers de personnes s’étaient massées au stade Félix Houphouët-Boigny pour admirer les feux d’artifice. Par après, la foule s’est dirigée sur le boulevard de la République, près de l’hôtel Tiama, selon le colonel Sako.

«Avec tous ces gens qui sortaient du stade, c’est devenu un véritable rodéo qui a mené à la mort de plus de 60 personnes en plus de blesser environ 200 personnes», a expliqué le colonel Sako sur les ondes de la télévision d’État.

Plusieurs heures après les tragiques événements, des parents en état de choc se promenaient entre la morgue municipale, l’hôpital et le stade afin de trouver leur enfant.

Mamadou Sanogo cherchait toujours son fils Sayed, âgé de neuf ans. «Je viens de voir tous ces corps, mais je n’arrive pas à trouver mon fils», a-t-il dit, en larmes. «Je ne sais pas quoi faire.»

Des vêtements, des chaussures et d’autres débris jonchaient toujours le sol, mardi, alors que les soldats patrouillaient les alentours du stade, situé dans le quartier du Plateau.

La télévision d’État a diffusé des images déchirantes: une femme éplorée dans une ambulance, un petit garçon grimaçant de douleur dans son lit d’hôpital et une jeune fille recouverte de bandages.

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