Comprendre le suicide

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Publié 19/05/2015 par Meryl Serthelon

C’est après le suicide d’un ami, âgé de seulement 21 ans, que Mélanie Dion et Alexandre Hardy, deux réalisateurs de films, ont voulu comprendre ce qui peut pousser à un tel geste, mais aussi l’impact de celui-ci sur ceux qui restent.

Le résultat de leur démarche est le documentaire Sans toi: santé publique et bonheur collectif, présenté récemment à l’Alliance française de Toronto. Pour ce sujet sombre, lourd, voire tabou, les réalisateurs ont choisi une approche humaine et sensible: «ça brasse, mais on espère ouvrir la discussion», a commencé la réalisatrice.

Ils ont questionné la culpabilité et la douleur à travers les témoignages des proches. «Quand on a perdu François-Xavier, on est restés sans mots, sans réponses. Si lui pouvait commettre cet acte, tout le monde peut le faire. Le suicide se construit souvent pendant des années parfois toute une vie, il peut être détecté comme ne pas l’être, c’est ce qui s’est passé pour nous.»

Les parents de François-Xavier ont collaboré, puis d’autres familles se sont ouvertes à eux. Le film de 70 minutes se penche sur «la réalité de ceux qui restent, fondée sur des statistiques et l’avis d’experts, mais aussi sur la souffrance et la douleur des gens».

«Nous avons voulu en faire un outil de prévention pour les endeuillés et pour tous ceux qui ont des pensées suicidaires. J’espère qu’ils se sentiront accueillis et moins seuls. Il faut bien comprendre que quelqu’un qui commet l’acte ne veut pas mourir, mais veut arrêter de souffrir. Ce n’est pas un choix de sa part», a insisté Mélanie Dion.
Le projet auto-financé a mis sept ans à voir le jour. «Il fallait aller au bout.»

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Le suicide en chiffres

Plus de 1000 cas de suicide sont recensés au Québec chaque année, ce qui le place parmi les plus hauts taux du monde.

La société de performance, sans échec, a sa part de responsabilité: on ne prend plus le temps de se demander si tout va bien. Alors que la santé physique attire toute l’attention, qu’en est-il de notre santé mentale?

Dans 80% des cas, ce sont des hommes qui commettent l’acte, et là encore, la société qui inculque que les hommes doivent gérer leurs problèmes seuls les empêche de se laisser aider.

Les suicides sont fréquents chez des personnes ayant perdu quelqu’un par suicide dans l’année. Selon les experts interviewés dans le documentaire, il faut se faire aider par des professionnels, comprendre que les problèmes ne sont pas éternels et que chacun est utile.

Les suicides sont deux fois plus nombreux que les décès sur nos routes! Ce qui fait dire aux réalisateurs que, «comme l’alcool au volant, le suicide ne devrait pas être accepté par la société».

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«J’ai appris des choses et cela enlève le tabou qu’il y a autour du suicide», a commenté un spectateur à l’AFT. «C’est fait avec beaucoup de doigté tout en étant percutant, le contenu humain est incroyable.»

Action positive, Oasis Centre des femmes, et Reflet Salvéo, particulièrement sensibles à la question de la santé mentale, étaient partenaires de la soirée à l’AFT le 11 mai. Nathalie Nadon et Janie Renée ont offert une prestation musicale avant la projection. «C’est important, la musique apporte du baume au coeur», ont-elles souligné.

Après Vancouver et Toronto, le documentaire sera présenté à Ottawa, Montréal, Québec et Pontneuf.

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