Bangladesh: le bilan de l’effondrement dépasse 700 morts

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à 06h24 HAE, le 7 mai 2013.

DACCA, Bangladesh – Des centaines de travailleurs qui ont survécu à l’effondrement d’un immeuble il y a dix jours, au Bangladesh, ont manifesté mardi pour réclamer une compensation, pendant que le bilan de la catastrophe dépassait les 700 morts.

Les secouristes ont retiré de nouveaux corps des décombres mardi après-midi, gonflant le bilan à 705 victimes.

Pour leur part, des centaines de survivants ont bloqué une grande autoroute près du site de l’accident, en banlieue de Dacca, pour réclamer le versement de leurs salaires et d’autres compensations. On ne rapporte aucun incident violent, mais la circulation automobile a été perturbée pendant plusieurs heures.

Un responsable local a dit que les dirigeants collaborent avec l’Association des manufacturiers et exportateurs de vêtements du Bangladesh pour assurer que les travailleurs seront payés.

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Les travailleurs, qui gagnaient à peine plus que le salaire national minimum d’environ 38 $ US par mois, exigent au mois quatre mois de salaire. Ils ont accepté de libérer l’autoroute après qu’on leur eut promis qu’ils seront payés au cours des prochaines heures.

Le Bangladesh retire 20 milliards $ US par année de l’exportation de vêtements, essentiellement vers l’Europe et les États-Unis. La semaine dernière, le ministre des Finances du Bangladesh a estimé que l’effondrement n’aura pas d’impact important sur l’industrie du textile de son pays.

Accusations de meurtre?

Des accusations de meurtre pourraient être déposées contre le propriétaire de l’immeuble qui s’est effondré.

La femme d’une victime, Sheuli Akter, a déposé ces accusations, affirmant que son mari et les autres victimes ont été poussés à leur mort par Mohammed Sohel Rana et deux autres personnes.

Le magistrat de Dacca, Wasim Sheikh, a ordonné à la police se pencher sur la plainte de Mme Akter. Le commissaire de la police locale, Mohammed Asaduzzman, a promis l’ouverture d’une enquête. Une condamnation pour meurtre est passible de la peine de mort au Bangladesh.

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Rana et neuf autres personnes ont déjà été arrêtées et font l’objet d’une multitude d’accusations.

Dimanche, un architecte dont la firme a conçu les cinq étages originaux de l’édifice a expliqué que l’immeuble avait été conçu pour servir de centre commercial et non pour accueillir des travaux industriels lourds. Rana est soupçonné d’avoir ajouté illégalement trois étages pour permettre la venue de fabriques de vêtements et l’installation de génératrices. Les vibrations générées par les machines auraient contribué à la catastrophe.

Ce désastre est le pire de l’histoire de l’industrie de la fabrication de vêtements.

Le maire et l’ingénieur arrêtés

Les autorités ont arrêté le maire de Savar, la banlieue de Dacca où s’est produite la catastrophe, et l’ingénieur qui aurait aidé le propriétaire de l’édifice à y ajouter trois étages illégaux. Ce même ingénieur, Abdour Razzak Khan, avait demandé l’évacuation de l’immeuble la semaine dernière.

On reproche au maire de Savar, Kabir Hossain Sardar, d’avoir déclaré que l’édifice était sécuritaire après l’avoir inspecté la veille de l’effondrement.

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Un enquêteur gouvernemental a indiqué vendredi que des matériaux de mauvaise qualité, combinés à la vibration des machines utilisées par les cinq fabriques de vêtements qui logeaient au Rana Plaza, ont mené à la catastrophe. La structure affaiblie a été secouée encore davantage par les puissantes génératrices qui ont été allumées en raison d’une panne de courant survenue environ 15 minutes avant l’effondrement.

Le propriétaire de l’édifice illégal de huit étages, Mohammed Sohel Rana, devrait faire face à des accusations de négligence, de construction illégale et d’avoir contraint ses employés à travailler. Des accusations plus graves pourraient éventuellement être portées contre lui.

Mardi dernier, la justice bangladaise a ordonné la saisie des avoirs de Rana et de cinq responsables des fabriques de vêtements qui se trouvaient dans l’édifice.

Loblaw versera une compensation aux familles

Par ailleurs, la chaîne de magasins Loblaw a fait part, lundi, de son intention de verser une compensation aux familles des victimes qui travaillaient à l’usine de sa marque de vêtements Joe Fresh, dans l’édifice qui s’est effondrée au Bangladesh.

L’entreprise a indiqué qu’elle cherchait à s’assurer « que les victimes et leurs familles puissent en bénéficier maintenant et dans le futur ».

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Julija Hunter, porte-parole de Loblaw, a affirmé que la chaîne en était encore à analyser quelle forme l’aide prendrait, « de manière à nous assurer qu’elle soit percutante et significative ».

Loblaw a également jugé « primordial » de favoriser la mise en place de changements afin d’éviter qu’un tel incident ne se reproduise.

Loblaw figure au nombre des entreprises qui doivent s’entretenir avec le Conseil canadien du commerce de détail afin de discuter des façons de prévenir la répétition de tragédies similaires.

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