Attaquer la Syrie serait attaquer l’Iran

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à 08h31 HNE, le 28 janvier 2013.

BEYROUTH – Dans l’avertissement le plus fort lancé jusqu’à maintenant, un responsable iranien haut-placé a déclaré samedi qu’une attaque contre la Syrie sera interprétée comme une attaque contre l’Iran, signe que Téhéran fera tout ce qu’elle pourra pour protéger le président en difficulté Bachar al-Assad.

Ces déclarations de Ali Akbar Velayati, un adjoint du leader suprême iranien Ayatollah Ali Khamenei, sont survenues samedi alors que les troupes syriennes menaient des raids aériens contre les rebelles. L’armée syrienne a aussi découvert trois tunnels dont les rebelles se servaient pour faire entrer au pays les armes qu’ils utilisaient pour combattre le régime.

La communauté internationale se questionne sur quelle approche prendre avec la Syrie depuis qu’une révolte contre le président Bachar al-Assad a débuté il y a presque deux ans. Jusqu’à maintenant, il n’y a eu aucune intervention internationale sur le terrain et près de 60 000 personnes ont été tuées, selon l’ON.

L’Iran est l’allié le plus important de la Syrie au Moyen-Orient et offre un soutien politique au régime de al-Assad depuis plusieurs années. En septembre, le commandant de la puissante Garde révolutionnaire iranienne, Mohammad Ali Jafari, a indiqué que des conseillers de son unité se trouvaient en Syrie. On croit aussi que l’Iran envoie des armes et de l’argent à la Syrie, pendant qu’elle traverse sa pire crise depuis des décennies.

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M. Velayati a été cité par l’agence de presse iranienne semi-officielle Mehr en disant que la Syrie jouait un rôle très important dans le «front de résistance». Pour cette raison, a-t-il déclaré, «une attaque contre la Syrie sera considérée comme étant une attaque contre l’Itan et les alliés de l’Iran.»

Il a ajouté qu’en soutenant les rebelles qui tentent de chasser du pouvoir le leader syrien, les États-Unis et les États arabes du Golfe attaquent «le cercle de résistance doré», une référence aux groupes militants Hamas et Hezbollah et à l’Iran et la Syrie, qui sont tous anti-Américains.

Combats à Damas

Lundi, de nouveaux combats ont éclaté en banlieue de Damas.

L’Observatoire syrien des droits de la personne fait état de combats dans les quartiers de Daraya, Arbeen et Zabadani. Plusieurs de ces quartiers auraient aussi essuyé des tirs d’artillerie de la part du régime.

Les rebelles utilisent les banlieues de Damas pour tenter de s’infiltrer dans le coeur de la capitale, le siège du pouvoir du régime de Bachar el-Assad.

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Des combats se sont aussi déroulés dans le nord du pays, près de la frontière avec la Turquie, faisant au moins 10 morts dans les rangs des insurgés.

Par ailleurs, le groupe militant islamiste Jabhat-al-Nusra a revendiqué l’attentat commis la semaine dernière dans la province centrale de Hama. Des rebelles affirment que 42 personnes, essentiellement des miliciens pro-Assad, ont perdu la vie quand une voiture piégée a foncé sur le quartier-général d’une milice progouvernementale.

Washington affirme que Jabhat-al-Nusra entretient des liens avec Al-Qaïda et l’a déclarée organisation terroriste.

Pilonnages

L’armée syrienne a mené vendredi une série de pilonnages sur des régions du centre du pays contrôlées par les rebelles, dans le cadre d’une vaste offensive contre les combattants qui tentent de déloger le président Bachar el-Assad.

Au moins 140 personnes ont été tuées dans les violences à travers le pays, selon des groupes de l’opposition.

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L’armée a récemment envoyé des renforts militaires dans la province centrale de Homs et a lancé une vaste offensive afin de reprendre des portions du territoire tenues par les rebelles depuis des mois.

Une vidéo amateur mise en ligne par des militants de l’opposition montre des roquettes s’abattre sur des édifices de la ville rebelle de Rastan, tout juste au nord de la capitale provinciale, Homs. On entend des tirs intenses en arrière-plan.

Une autre vidéo montre un panache de fumée s’élever d’un édifice de Homs. «La ville de Homs brûle le jour et la nuit, le pilonnage de Homs est incessant», affirme le narrateur.

Les troupes gouvernementales ont aussi affronté les rebelles autour de Damas pour tenter de déloger les combattants de l’opposition qui ont établi des enclaves dans les villes et villages entourant la capitale. L’armée a pilonné plusieurs régions de la banlieue de Damas, dont Zabadani et Daraya, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme.

Les Comités locaux de coordination, une autre organisation de l’opposition, ont déclaré que les avions militaires avaient mené des frappes sur la banlieue de Douma, la plus importante enclave rebelle de la région de Damas.

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Réfugiés

Les Nations unies ont indiqué vendredi qu’un nombre record de réfugiés syriens étaient arrivés en Jordanie en janvier, portant la population des camps jordaniens déjà surpeuplés à 65 000.

Plus de 30 000 personnes sont arrivées dans le camp de Zaatari en janvier, dont 6000 au cours des deux derniers jours, selon l’ONU.

Les nouveaux réfugiés sont principalement des femmes, des enfants et des personnes âgées ayant fui le sud de la Syrie, selon la porte-parole du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Melissa Flemming.

La porte-parole a indiqué que le HCR travaillait avec le gouvernement jordanien pour ouvrir un deuxième grand camp de réfugiés d’ici la fin du mois.

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