Allonger son pénis grâce au jelqing?

Une technique «naturelle» qui n'excite pas les urologues

Des sites internet vantent le «jelqing» comme méthode «naturelle» d'allongement du pénis.
Partagez
Tweetez
Envoyez

Les publicités en ligne de techniques favorisant l’allongement du pénis semblent être aussi vieilles qu’Internet. L’une d’elles, le jelqing, se démarque par sa prétention à être une méthode «naturelle». Mais la pratique est dénoncée par les urologues.

Le terme jelginq serait un dérivé du terme persan jalq zadan, où jalq signifie «se masturber» et zadan, «frapper ou battre».

Tirer sur le pénis

Le jelqing consiste à tirer sur le pénis en semi-érection pour augmenter l’apport sanguin. Conseillée par certains sexologues, la technique permettrait à la longue de gagner plusieurs centimètres de taille et de circonférence.

À la condition de se montrer patient et constant dans ses efforts, puisqu’il faudrait jusqu’à six mois de pratique quotidienne pour voir des résultats.

Les sites et les forums qui défendent la pratique promettent également des érections plus longues et plus fréquentes, l’amélioration du plaisir sexuel et des orgasmes plus faciles à atteindre et plus intenses.

l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Ils vantent aussi son côté économique et sécuritaire, comparé au prix d’une chirurgie ou de l’utilisation d’un extenseur.

Comme un lobe d’oreille…

Les urologues sont beaucoup moins enthousiastes quant aux bénéfices présumés du jelqing et s’inquiètent même des risques de blessures au niveau des corps caverneux.

Dans un avis publié le 31 juillet 2019, l’International Society for Sexual Medicine (ISSM) rappelle que cette technique n’a jamais fait la preuve de son efficacité, et qu’elle peut entraîner des blessures.

Le message du groupe d’experts a été relayé par le sexologue français Gilbert Bou Jaoudé, qui précise que «les hommes pensent qu’ils peuvent atteindre les mêmes résultats qu’un lobe d’oreille qui s’agrandit à cause d’un bijou, mais c’est faux.»

Douleur et déformation

En fait, il n’existe aucune bonne étude médicale évaluant l’efficacité du jelqing, selon le département d’urologie du Weill Cornell Medical College.

l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Bien que cette technique semble plus sûre que d’autres méthodes (comme les médicaments ou les pompes à pénis), «il n’y a aucune preuve scientifique de son efficacité, et elle peut conduire à la formation de cicatrices, à de la douleur et à une déformation», indique pour sa part le site Internet de la clinique américaine Mayo, une organisation médicale à but non lucratif.

Courbure nuisible

L’ISSM ajoute qu’étirer son pénis à répétition sur une longue période augmente le risque de développer la maladie de La Peyronie, une courbure de la verge due à une perte d’élasticité au niveau de l’albuginée, l’enveloppe renfermant les corps caverneux qui lui permettent d’entrer en érection.

La perte d’élasticité est due à une mauvaise cicatrisation des lésions dues aux étirements répétés. Des plaques fibreuses peuvent alors se former, entraînant une incurvation du pénis sur le côté ou vers le haut.

Quand la courbure est trop importante, les érections et la pénétration lors de l’acte sexuel peuvent être douloureuses, voire impossibles. La maladie touche entre 3 et 9% des hommes adultes.

Des solutions chirurgicales peuvent être envisagées et un traitement par onde de choc peut stopper les douleurs, mais la courbure reste définitive.

Partagez
Tweetez
Envoyez
l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur