Université franco-ontarienne, scène 1, prise 2

Koubra Haggar de la FESFO, Carol Jolin de l’AFO et Geneviève Borris du RÉFO. (Photo: REFO)

Koubra Haggar de la FESFO, Carol Jolin de l’AFO et Geneviève Borris du RÉFO. (Photo: REFO)

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), le Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO) et la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) ont réitéré le 1er mars l’importance que le gouvernement de l’Ontario s’engage à mettre en oeuvre une gouvernance universitaire «par et pour» les francophones dans l’ensemble de la province.

Leurs représentants soulignaient ainsi, en conférence de presse, le deuxième anniversaire de leur demande officielle pour la création d’une nouvelle université de langue française, tel que recommandé dans le rapport des États généraux sur le postsecondaire en Ontario français qu’ils avaient organisés l’année d’avant.

Universités bilingues

Si les trois partenaires ont exprimé leur «optimisme» de voir s’établir une université de langue française avec un premier campus à Toronto dans un avenir rapproché, ils ont également «tendu la main aux universités existantes afin qu’elles contribuent à la réflexion».

Ces institutions (notamment Ottawa, Laurentienne à Sudbury et le campus Glendon de l’Université York à Toronto) sont pour l’instant opposées à ce projet, estimant qu’il ne peut se réaliser qu’en leur arrachant leurs programmes de langue française développés depuis plusieurs années.

Les responsables de l’Université d’Ottawa affirment même être déjà une université franco-ontarienne.

«Il y a aussi l’Université Saint-Paul, l’Université de Sudbury, le Collège universitaire dominicain et le CRÉFO à l’Université de Toronto», notent les représentants des trois organismes. «Notre souhait est de réfléchir à un modèle qui fédérait les programmes et ressources de langue française de ces établissements sous une gouvernance par et pour les francophones», précisent-ils à L’Express.

Le 25 avril, ils tiendront une journée de réflexion avec des universitaires du Nord, du Centre-Sud-Ouest et de l’Est, afin de poursuivre la réflexion sur le sujet, indiquant que les idées des universités bilingues sont les «bienvenues».

Dyane Adam

«Maintenant que le gouvernement semble avoir priorisé l’établissement d’une université de langue française à Toronto, sans se préoccuper du Nord et de l’Est», disent-ils, en faisant allusion au comité présidé par l’ancienne commissaire aux langues officielles Dyane Adam, «le gouvernement et les dirigeants d’universités bilingues ont le devoir de réfléchir avec la communauté aux façons d’accorder la pleine gestion des programmes universitaires de langues françaises aux francophones, et ce, partout dans la province.»

Dyane Adam participait, en fin de semaine, à la 8e Assemblée générale annuelle du RÉFO, à une activité visant à identifier le type d’expérience recherchée par les étudiants au sein d’une future université franco-ontarienne.

«En créant un nouvel établissement, nous avons la rare occasion d’imaginer notre système universitaire de l’avenir», fait valoir Geneviève Borris, coprésidente sortante du RÉFO. «La gouvernance a fait ses preuves partout en province et nous souhaitons que les francophones de toutes les régions puissent en tirer profit.»

Les Franco-Ontariens ont en effet obtenu la gestion de leurs écoles primaires et secondaires, avec la création de 12 conseils scolaires il y a 20 ans, et ils possèdent deux collèges communautaires, La Cité à Ottawa et Boréal à Sudbury, qui ont des antennes à Toronto et dans plusieurs communautés.

«En attendant une décision gouvernementale dans ce dossier, ce sont des milliers d’élèves qui n’ont toujours pas plus de choix d’étudier dans leur langue et qui se dirigent vers l’assimilation», accuse Koubra Haggar, représentante du Sud au sein de la FESFO.

Des appuis importants

L’événement de la semaine dernière a permis aux trois partenaires de recevoir officiellement l’appui de l’Association des conseils scolaires des écoles publiques de l’Ontario (ACÉPO), de l’Association franco-ontarienne des conseils scolaires catholiques de l’Ontario (AFOCSC) ainsi que de Diane Dubois, ancienne vice-présidente du Collège Boréal et auteure du rapport Le temps d’agir!, qui demandent tous la création d’une université de langue française gérée «par et pour» les Franco-Ontariens.

«De tous les facteurs qui influent sur le développement et l’avenir de l’éducation postsecondaire en langue française, il ne fait pas de doute que la gouvernance se classe parmi les plus importants», assure Diane Dubois.

Diane Dubois, Denis Chartrand de l’ACÉPO, Geneviève Borris du RÉFO, Koubra Haggar de la FESFO, Carol Jolin de l’AFO, Jean Lemay de l’AFOCSC. (Photo: REFO)
Diane Dubois, Denis Chartrand de l’ACÉPO, Geneviève Borris du RÉFO, Koubra Haggar de la FESFO, Carol Jolin de l’AFO, Jean Lemay de l’AFOCSC. (Photo: REFO)

Quatre modèles de gestion universitaire franco-ontarienne avaient été suggérés par les États généraux:

La création d’une université de langue française indépendante, dotée d’un mandat provincial et qui se construirait sur les forces vives du système actuel;

La division des universités bilingues pour autonomiser les programmes existants au sein de nouveaux établissements;

La fédération des programmes existants au sein d’une structure de gouvernance provinciale, qui coordonnerait l’offre et le financement des programmes et de la recherche;

La création d’une université affiliée ou fédérée à une université bilingue ou de langue française existante, qui regrouperait les programmes existants et les nouveaux programmes en français.

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