Université de Toronto: trois campus et le français en partage

Des membres du Gastro-Café au campus de Mississauga de U of T.

Des membres du Gastro-Café au campus de Mississauga de U of T.


13 mars 2017 à 22h30

L’université de Toronto compte trois campus, celui de Saint George (1827), celui de Scarborough (1964) et celui de Mississauga (1967). L’apprentissage du français dans les différents campus de l’Université est très varié et très diversifié. Plusieurs niveaux de langues sont accessibles, en majeure ou en mineure, l’année comme l’été.

Sur le campus de Toronto, le Départements d’Études françaises accueille environ 1800 étudiants, 45 instructeurs (dont 20 professeurs) et 9 niveaux d’apprentissages de la langue.

À Mississauga, environ 500 étudiants étudient au sein du Département d’Études langagières.

Enfin, le Centre de français et de linguistique du campus de Scarborough met l’accent sur la recherche et les études interdisciplinaires. Dans ce dernier campus (UTSC), l’association des étudiants (AEDF) assure la liaison entre les étudiants et les professeurs de français. Ils organisent aussi des événements: rencontres entre étudiants, avec la communauté francophone de Toronto, des groupes de travail et même un club de cinéma. Le but étant d’encourager les étudiants à partager leur passion.

L’apprentissage, bien qu’important, n’est pas le seul leitmotiv de ces départements. Il est question de théorie, mais aussi d’activités et d’évènements favorisant l’engagement de la communauté francophone dans les divers campus. Cela fait entièrement partie de l’enseignement dispensé.

Cela qui donne lieu à plusieurs types d’expressions culturelles. «Les élèves partagent la culture et le savoir, il y a une réelle envie de promouvoir les richesses de cette langue», nous dit Pascal Michelucci, directeur du Département d’Études françaises de l’Université de Toronto.

Caroline Lebrec, maître de conférences, responsable de liaison entre étudiants et équipe pédagogique, occupe depuis deux ans le poste de responsable des activités sur le campus de Mississauga. Joanna Szewczyk, coordinatrice des évènements spéciaux sur ce même campus depuis 6 ans, s’affaire à l’organisation et la supervision des évènements culturels et communautaires.

Le directeur du département d'Études françaises de l'Université de Toronto, Pascal Michelucci. (Photo: Simone Laughton)
Le directeur du département d’Études françaises de l’Université de Toronto, Pascal Michelucci. (Photo: Simone Laughton)

Activités francos

Ce mois-ci, avec les célébrations de la Francophonie et des 50 ans du campus de Mississauga, le Département d’études langagières, en partenariat avec les associations étudiantes tel que LSAS (Language Studies Academic Society) et EFUTM (Association des étudiants francophones du campus de Mississauga) co-organisent, les 13 et 16 mars, un «pot franco» avec la projection du film Ibrahim et les fleurs du Coran, ainsi qu’une soirée de talents qui sera introduite par le groupe Amélie et les singes bleus.

Sur le campus de Scarborough, en raison du mois de la Francophonie, Le Centre de français et de linguistique organise du 10 au 24 mars, une exposition sur la littérature francophone à la bibliothèque de UTSC et, le 24 mars, une conférence des étudiants de français de 1er cycle sur le thème des Métamorphoses.

Les partenariats entre associations d’étudiants et coordinateurs sont très importants pour ces départements. «Le travail peut être très intense selon les évènements, il faut centraliser la préparation, mais aussi faire des affiches, des invitations, créer les récompenses, organiser les commandes, les apéritifs… Les associations étudiantes organisent aussi leurs propres évènements, on s’entraide».

Ces associations font également la liaison avec la communauté, organisent des voyages; ainsi ils reflètent là encore l’importance de cette concentration francophone. Pour le cinquantenaire de l’Université de Toronto Mississauga, le Département d’études langagières  et ses enseignants de français rappellent que leur mission est de faire progresser cette diversité et mixité dans les classes et les programmes.

Caroline Lebrec rappelle que «les auteurs étudiés et corpus littéraires vus en classe sont d’une très grande variété; nous travaillons sur des textes de migrantes, d’auteurs féminines, de Québec à Haïti, des Antilles à la France». Régulièrement, cette conférencière organise de cafés-rencontres francophones ou atelier pâtisserie avec ses étudiants, améliorant ainsi les capacités à s’exprimer dans la langue et découvrir des notions culturelles.

Arborescence

De l’initiative de Corinne Denoyelle, les trois départements participent à la rédaction de la revue annuelle Arborescences, fondée en 2010 à l’Université de Toronto et diffusée par Érudit.org.

Arborescence traite de sujet littéraires, linguistiques et didactiques se voulant être «un espace de réflexion et de débats sur les enjeux actuels des études françaises». Elle vise à explorer de nouvelles formes d’échanges intellectuels rassemblant aussi bien des professeurs, des chargés de cours, des étudiants, des linguistes et des spécialistes de l’enseignement de la langue française.

Chaque année, la revue traite d’un thème. Le 6e numéro, Polyphonies : voix et valeurs du discours littéraire, était débattu en septembre 2016.

Dans la même veine, les doctorants de la Société des études supérieures du Département d’Études françaises de l’Université de Toronto (SESDEF) organisent leur colloque annuel où sont conviés chercheurs et étudiants, qui se tiendra cette année les 6 et 7 avril au campus St-George.

L’Université possède également un Groupe de recherche et d’étude sur la littérature française d’aujourd’hui (GRELFA) qui organise régulièrement des événements: journées d’étude, colloques internationaux, numéros de revue, visites de chercheurs et d’écrivains venant de France et d’ailleurs.

Cartes de St-Valentin en chocolat réalisées par des étudiants du campus de Mississauga de U of T.
Cartes de St-Valentin en chocolat réalisées par des étudiants du campus de Mississauga de U of T.

Langue officielle

Pour Caroline Lebrec, «parfois les étudiants disent que le français est une langue seconde, mais nous devons leur rappeler que le français est la langue officielle du pays au même titre que l’anglais, nous sommes ici seulement dans une province anglophone».

L’un des principaux avantages de ces formations réside ainsi dans le bilinguisme, en tenant compte qu’être bilingue augmente considérablement le niveau de compétitivité et d’opportunités sur le marché de l’emploi.

En Ontario, il est possible de faire sa scolarité en français du début à la fin. Il est tout aussi possible de travailler en français dans les secteurs de l’économie ou du commerce par exemple. «C’est souvent ce à quoi se destinent les étudiants qui commencent des études en français», appuie Mme Lebrec.

L’intérêt pour ces études est palpable dès le secondaire puisque, de manière systématique, les élèves de 11e et 12e années peuvent participer à des cours universitaires en immersion. Paul Bessler, du Département d’Études françaises au campus de Toronto, révèle ainsi que le concours de français des Universités torontoises pour les 11e et 12e années, aura lieu le 28 avril.

Rendez-vous littéraires

Dans le cadre du Mois de la Francophonie, le Centre de la francophonie des Amériques (à Québec) organise des Rendez-vous littéraires en personne et/ou visioconférence sur la page Facebook du Centre. On propose en outre des projections et tables rondes, de réelles expériences enrichissantes pour les étudiants qui souhaitent rencontrer ces auteurs francophones.

Partenaire de CIUT-FM, Cinéfranco, l’Alliance française et le Consulat de France, le Département d’Études françaises de Pascal Michelucci (également professeur de littérature française du XXe siècle) soutient toutes ces initiatives. Il organise le 28 avril une journée d’étude sur le campus du centre-ville, sur le thème Athéisme, littérature et médias, puis, du 24 au 26 mai, un colloque international sur le thème du Sentiment Queer/ Se sentir Queer.

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