Un prix pour un pot-pourri de plantes couvre-sol

Blake Vince avec son couvre-sol dans son champ de maïs à Merlin.
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Publié 09/08/2016 par Matt McIntosh

Les plantes couvre-sol telles que le trèfle rouge jouent un rôle important dans les plans de rotation de nombreux agriculteurs.

Mais pourquoi utiliser 18 plantes couvre-sol distinctes simultanément chaque année? Quels sont les avantages d’une telle pratique sur le plan des coûts et du rendement et pour quelle raison y a-t-on recours?

Blake Vince, un producteur de la région de la ville de Merlin, au Sud de Chatham-Kent dans le Sud-Ouest de l’Ontario, utilise cet agencement «cosmopolite» de plantes couvre-sol pour des motifs d’intendance environnementale.

Cette innovation, qui a fait des miracles sur sa ferme depuis qu’il a commencé à l’intégrer à ses pratiques, en 2010, lui a également valu un Prix de la Première ministre pour l’excellence en innovation agroalimentaire en 2015.

Il a également été, en 2013, l’un des trois lauréats canadiens de la bourse d’études de Nuffield, un programme de leadership en agriculture du Commonwealth.

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Protéger le lac Érié

«L’une des raisons qui me motivent est le problème récurrent de prolifération d’algues dans le lac Érié», dit-il. «Je pense qu’on peut améliorer l’environnement et les rendements sans recourir au travail du sol.»

Selon M. Vince et le site Web du gouvernement de l’Ontario, la «polyculture» de plantes couvre-sol – incluant de nombreuses espèces végétales différentes – présente de nombreux avantages pour l’environnement: une moins grande dépendance aux engrais et aux herbicides; une diminution de l’érosion des sols; un accroissement de la biodiversité et de l’activité microbienne dans les champs.

M. Vince estime que la vitesse de décomposition a monté en flèche dans ses champs. L’activité microbienne y est donc beaucoup plus élevée.

Il dit aussi avoir constaté des améliorations notables dans l’absorption de l’eau et des éléments nutritifs et la séquestration du carbone de même qu’une croissance beaucoup plus régulière de ses cultures.

Il réalise bien sûr des économies à l’achat de ses engrais puisque son système permet la fixation d’une plus grande quantité d’azote dans le sol.

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De 5 à 18 semences

M. Vince s’est converti à la «polyculture» des plantes couvre-sol après une conversation avec son ami et mentor, David Brandt. M. Brandt, un producteur de l’Ohio, avait lancé à M. Vince le défi d’améliorer ses sols avec des racines plutôt qu’avec de la machinerie.

M. Vince, qui ensemençait au départ cinq plantes couvre-sol distinctes, a rapidement commencé à diversifier davantage son mélange. Son père Elwin et son oncle Tom mettent en terre leur mélange de 18 semences, que M. Vince appelle son «pot-pourri», sur des chaumes de blé.

Des semences de graminées (seigle, sorgho, etc.), d’espèces à feuilles larges (lin, tournesol, etc.) ainsi que de nombreuses plantes-racines et de légumineuses sont mises simultanément dans le semoir, puis ensemencées à des taux de semis d’environ 45 à 50 lb/acre.

«Le semoir ne requiert aucune modification, mais nous tentons de réduire graduellement les volumes de semences utilisés. C’est la diversité qui compte, et non la densité», ajoute-t-il.

Animaux utiles

Les plantes couvre-sol poussent et hivernent jusqu’à la saison des semis, au printemps. À ce moment-là, les semences de la culture commerciale – ici du maïs – sont mises en terre directement dans la masse de verdure multicolore, puis les plantes couvre-sol sont détruites au moyen d’un traitement herbicide.

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Comme les plantes de son mélange sont très flexibles, M. Vince affirme qu’il n’a aucune difficulté à effectuer ses semis dans le couvert végétal.

Dans l’ensemble, M. Vince dit qu’il va continuer d’adapter son système de plantes couvre-sol selon l’incidence qu’il a tant sur l’environnement de son exploitation agricole que sur celui de la région où il vit.

Pour ce qui est des prochaines étapes, M. Vince dit qu’il aimerait ramener la paissance dans la rotation: «si des animaux broutaient les plantes couvre-sol – cela nous permettrait non seulement de récupérer les éléments nutritifs du fumier, mais aussi de convertir les plantes vertes en protéines».

Auteur

  • Matt McIntosh

    Journaliste à l'agence AgInnovation Ontario, basée à Guelph: nouvelles et reportages sur l’innovation agricole et le développement du milieu rural.

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