Rémi Bolduc ou la passion du jazz

Au Lula Lounge et aux alentours cette semaine

Rémi Bolduc

Rémi Bolduc


6 mars 2017 à 22h32

Étoile confirmée des deux côtés de l’Atlantique, le saxophoniste québécois Rémi Bolduc alterne entre des projets aventureux, explorant avec une grande liberté de mélodies et de rythmes les multiples facettes de la musique jazz, et des plongées dans le répertoire standard, où il revisite les univers des légendaires jazzmen.

En 2011, il y a eu l’album Hommage à Charlie Parker (Félix meilleur album Jazz). Puis en 2014, l’album Hommage à Brubeck, incluant une quarantaine de concerts d’un bout à l’autre du pays avec quelques escales aux États-Unis (Prix Opus du meilleur concert de l’année en 2016).

Avec son ensemble jazz, il a également salué le génie de John Coltrane.

Remi Bolduc jazz
Rémi Bolduc accompagné de Taurey Butler au piano, Fraser Hollins à la contrebasse et Dave Laing à la batterie – concert Swingin’ with/avec Oscar

Dans le cadre d’une tournée pan canadienne entamée le 3 février dernier à Ste-Hyacinthe (sa ville natale), et qui se terminera en février 2018, Rémi Bolduc foulera pour la première fois les planches du mythique Lula Lounge de Toronto – le 9 mars à 19h30 – pour jouer les musiques de son tout nouvel album Swingin’ with/avec Oscar, rendant cette fois hommage à l’illustre pianiste montréalais Oscar Peterson (1925-2007), qui a marqué l’histoire du jazz et dont on qualifie le swing de «surnaturel».

Célèbre pour sa vitesse, sa dextérité, son style éblouissant et ses capacités rythmiques exceptionnelles, Oscar Peterson a enregistré près de 200 albums de 1950 à sa mort. Il est aussi apparu sur plus de 200 disques, dont ceux de Dizzy Gillespie, Billie Holiday Ella Fitzgerald et Louis Armstrong, qui l’ont surnommé «l’homme aux quatre mains».

Joint par L’Express quelques jours avant son arrivée à Toronto, le saxophoniste – spécialiste de l’alto et passionné de l’improvisation – nous raconte sa plongée dans l’univers de ce maître du swing.

«Oscar Peterson est venu plus tard dans mon cheminement de musicien. Donc ce fut pour moi un véritable plongeon dans son répertoire, et dans ce processus je suis entré à fond dans sa musique… J’ai écouté 80 compositions et, de ce nombre, j’ai choisi huit morceaux sur lesquels j’ai beaucoup travaillé et fait des arrangements pour donner de la place au saxophone.»

«Il faut savoir qu’Oscar Peterson composait pour le piano, la guitare et la basse, pas pour le saxophone», explique -t-il. «Donc j’ai créé de l’espace pour l’instrument et trouvé des discours ingénieux qui offrent une vision inédite de la musique d’Oscar… une musique pleine d’énergie, enlevante, joyeuse qui nous demande de foncer et c’est ce qu’on a fait!»

De l’éloquence et du swing

Entouré des musiciens virtuoses de son Ensemble Jazz, Fraser Hollins à la contrebasse et Dave Laing à la batterie, Rémi Bolduc a invité le phénoménal pianiste Taurey Butler, un mordu de Peterson, dont l’extraordinaire technique pianistique rivalise avec celle du grand maître.

Remi Bolduc jazz

Touchant presque à tous les registres abordés par Peterson, Swingin’ with/avec Oscar, comprend certaines des œuvres les plus aimées de ce génie, notamment Cakewalk, Place St-Henri, Laurentide Waltz, Samba Sensitive et Noreen’s Nocturne.

 

À l’écoute de ce CD, on est littéralement séduit par le jeu flamboyant de Butler et par le spectre sonore de l’altiste qui réussit à faire chanter savamment son saxophone, un instrument qu’il joue professionnellement depuis l’âge de 15 ans, et avec lequel il se sent en parfaite symbiose.

«J’ai chez moi une clarinette, une flûte, un saxophone soprano, et j’ai déjà eu un saxophone ténor, mais avec le saxophone alto c’est ma voix, ma personnalité… Ce saxophone se rapproche le plus du registre de ma voix, je me sens tout à fait moi-même en jouant de l’alto… Il y a là une concordance entre le corps, l’esprit et le jeu.»

Maturité  et inventivité

Entendre sa propre voix dans l’instrument, «chanter» les notes intérieurement en même temps qu’on les joue, le saxophoniste n’a cessé de perfectionner son art au cours des 40 dernières années, que ce soit en solo, avec son Ensemble, ou lorsqu’il est appelé à collaborer avec d’autres grands du jazz tels que Kenny Werner, Ben Monder, Seamus Blake, Lorraine Desmarais, Vic Vogel, Marc Johnson ou encore le saxophoniste ténor Jerry Bergonzi.

Bolduc est aussi professeur agrégé et chef de département de jazz à l’école de musique Schulich de l’Université McGill.

Passionné par son art, inventif, ingénieux lorsqu’il se lance dans des projets personnels, l’homme compte sept CD à son actif, dont le très organique Random Masters (Effendi 2013), un album inspiré des recherches en génétique portant sur les phénomènes du hasard et du déterminisme, mais aussi par les musiques de Miles Davis et Thelonious Monk.

Le musicien concocte en ce moment un autre projet Sax Zenith qu’il enregistrera les 17 et 18 mars à Edmonton avec quatre autres saxophonistes : l’Albertain PJ Perry, le Britanno-Colombien Phil Dwyer, les Torontois Kirk MacDonald et Kelly Jeffers et le contrebassiste Fraser Hollins.

«Je suis très privilégié. Je fais ce que j’aime. J’ai une permanence à l’Université McGill, où j’enseigne l’improvisation et le saxophone. Je mène des projets avec des musiciens de grand calibre et lorsque je monte sur scène, c’est le comble de l’extase… Il y a une telle énergie, c’est vivant et d’un naturel absolu… Quand tu joues live, tu es là totalement, pleinement avec les musiciens et le public, et tu vis le moment présent intensément avec une grande conscience, alors que la musique te porte ailleurs…»

Laissez-vous séduire, laissez-vous porter ailleurs par le swing électrique et éloquent de Swingin’ with/avec Oscar ce jeudi 9 mars au Lula Lounge – ou encore à quelques kilomètres de Toronto, le 10 mars au Burlington Performance Arts Centre, le 11 au F1rstOntario Performing Arts Centre de St-Catherine, et  le 12 au Capitol Theatre de Port Hope.

L'équipe de Swingin' with/avec Oscar.
Les musiciens de Swingin’ with/avec Oscar.

Inscrivez-vous à nos infolettres gratuitement:

Récemment

Restez à jour dans votre propre fil d'actualité

L’humanité dans l’oeil de Yann Arthus-Bertrand

Le réalisateur et le directeur de la cinématographie de Human: Yann Arthus-Bertrand et Bruno Cusa, à l'Alliance française de Toronto le mardi 18 avril.
Yann Arthus-Bertrand, c’est le grand-père qu’on rêverait tous et toutes d’avoir. On s’imagine que le soir, au coin du feu, il nous raconterait les...
En lire plus...

24 avril 2017 à 20h52

Dianne Bos éclaire une guerre centenaire

Dianne Bos: Tranchées, Parc commémoratif canadien de Vimy, France (2014) 72x72cm.
Depuis le 3 avril et jusqu’au 8 septembre prochain, le Centre culturel canadien à Paris accueille l’exposition de l’artiste ontarienne Dianne Bos, intitulée The...
En lire plus...

24 avril 2017 à 20h50

Parlons chanson… avec Luc De Larochellière

Luc De Larochellière (Photo: Panneton-Valcourt)
Au fil des ans et des albums, Luc De Larochellière s’inscrit dans la durée en signant une œuvre qui se démarque tant par ses...
En lire plus...

24 avril 2017 à 20h48

Quand les Autochtones passent derrière la caméra

Kathleen Ivaluarjuk Merritt et Susan Aglukark pratiquent le chant de gorge dans les espaces du Grand Nord.
Quoi de mieux pour comprendre l’histoire, la culture et la créativité des Premières Nations qu’en les faisant passer derrière la caméra? C’est à travers une...
En lire plus...

24 avril 2017 à 20h44

Y a de la joie, y a de la création

Toronto, par Bruno Roux.
Quatre artistes et amis français de Toronto exposent leurs œuvres –des peintures et des sculptures qui éveillent la joie – depuis le 19 avril et jusqu’au...
En lire plus...

24 avril 2017 à 20h42

Le Cuba hors plages vous attend

L'hôtel Los Jazmines.
Selon le bureau du tourisme cubain, 98% des Canadiens qui voyagent à Cuba vont essentiellement dans des centres de vacances tout inclus. «Je rencontre...
En lire plus...

24 avril 2017 à 20h40

Winnipeg, la porte de l’Ouest

Le site historique La Fourche. (Photo: Sandra Dorélas)
On connaît Winnipeg, capitale du Manitoba, pour son équipe de hockey, les Jets, et pour son fameux personnage Winnie l’ourson. Mais Winnipeg, c’est évidemment...
En lire plus...

24 avril 2017 à 20h38

Molière reste d’actualité

Monsieur Jourdain interprété par François-Michel Pellequer.
La troupe des Anciens de l’Université de Toronto s’est attaquée au Bourgeois gentilhomme, les 21 et 22 avril au théâtre George Ignatieff. Mise en...
En lire plus...

24 avril 2017 à 20h36

Pas d’erreur pour les élèves du Collège français

La troupe de «Erreur des pompes funèbres en votre faveur», à l'issu de leur première.
Peut-être que les pompes funèbres se sont trompées sur le nom du défunt, mais le Collège français a eu raison de faire confiance à ses...
En lire plus...

24 avril 2017 à 20h34

La francophonie canadienne a souvent fait bon usage du Sénat

rep-francophoniecanadienne
«Les sénateurs des communautés francophones et acadienne du Canada (CFC) ont souvent mobilisé l’opinion publique sur les questions linguistiques, une tradition qui se poursuit....
En lire plus...

24 avril 2017 à 20h32

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur