Maria Chapdelaine revisitée

Louis Hémon, Maria Chapdelaine, roman adapté par Jennifer Tremblay et illustré par Francesc Rovira, Montréal, Éditions de la Bagnole en collaboration avec Soulières éditeur, 2013, 168 pages, 19,95 $.

23 avril 2013 à 10h56

Aujourd’hui, 23 avril, c’est la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur. Depuis 2010, pour souligner cette journée, les Éditions de la Bagnole et Soulières éditeur publient un titre en coédition. Après avoir fait paraître Le Cid de Corneille, Ulysse d’Homère et Don Quichotte de Cervantès. Cette année, les deux maisons lancent Maria Chapdelaine de Louis Hémon. Tous ces textes sont des adaptations modernes largement illustrées pour les 10 ans et plus.

Maria Chapdelaine est un grand classique de notre littérature canadienne-française. Ce roman a d’abord paru en feuilleton à Paris en 1913, soit exactement cent ans passés. Son auteur Louis Hémon fut mortellement happé par un train près de Chapleau (Ontario) le 8 juillet 1913, donc avant de connaître le succès de sa création littéraire. Le centre culturel de Chapleau s’appelle Centre culturel Louis-Hémon.

Peu de romans ont autant fait l’objet d’analyse psycho-politique. La fin pessimiste de Maria Chapdelaine a souvent été interprétée comme le reflet d’un Québec immobiliste et traditionaliste à la fin du XIXe siècle. La thématique du «point de salut hors du bois et de la terre» fait écho au principe que tout élan d’espoir et d’avenir est réduit à néant.

Plusieurs thèses ont été soutenues sur le sens allégorique de Maria Chapdelaine. Certains soutiennent que les noms choisis par Louis Hémon pour les trois prétendants de Maria ne sont pas le fruit du hasard. François Paradis représenterait la liberté du peuple québécois: François est l’ancienne forme de Français et Paradis est ce à quoi tous les catholiques aspiraient à l’époque.

Quant à Lorenzo Surprenant, il offre à Maria de quitter la misère du Lac-Saint-Jean pour le suivre aux États-Unis.

Il représente donc l’attrait de certains Canadiens français pour l’étranger, surtout qu’à l’époque, les États représentaient le Klondyke pour eux. Enfin, le nom d’Eutrope Gagnon est traditionaliste, près du terroir. Le fait que Maria l’épousera représente la résignation du peuple canadien-français au tournant du siècle.

Je souligne, en passant, que le roman La Promise du Lac de Philippe Porée-Kurrer se compare à Maria Chapdelaine. Comme Louis Hémon, Porée-Kurrer est d’origine française. Il vit maintenant à Toronto et il a écrit une suite, Maria, en 1999.

C’est la Québécoise Jennifer Tremblay qui a adapté le roman de Louis Hémon pour les jeunes. Elle a gardé la saveur des dialogues canayens, mais a élagué un peu les longues descriptions de paysages gelés dans l’immobilisme.

Francesc Rovira illustre avec brio le texte de Tremblay. Ce Barcelonais a aussi illustré les adaptations du Cid, d’Homère et de Don Quichotte.

En présentant une nouvelle version de Maria Chapdelaine, les Éditions de la Bagnole et Soulières éditeur rendent hommage au caractère universel de cette œuvre qui a marqué l’histoire de la littérature canadienne-française.

Inscrivez-vous à nos infolettres gratuitement:

Récemment

Restez à jour dans votre propre fil d'actualité

L’école Georges-Étienne-Cartier bouclée

eec-georges-etienne-cartier
L’école élémentaire catholique Georges-Étienne-Cartier a été bouclée vers 13 h 25 mardi, à cause de la présence d’un homme armé dans les environs.
En lire plus...

23 mai 2017 à 16h53

Un cabaret en plein air pour la 7e édition de Franco-Fierté

franco-fierte
FrancoQueer, l’organisme ontarien francophone «par et pour» les personnes LGBTQ, prépare la 7e édition de son festival Franco-Fierté, qui comprendra une demi-douzaine d’activités entre le...
En lire plus...

22 mai 2017 à 12h27

Ambiance jazz pour la chanson française

Suzie Bisaillon, Cyril Mignotet et Noémi Parenteau-Comfort.
Ce dimanche 14 mai, au Local Gest rue Parliament, se produisait le tout nouveau groupe Ambiance The Band, spécialisé dans la chanson française, réunissant Cyril...
En lire plus...

22 mai 2017 à 12h18

Une interprétation très libre du Petit Prince

Jonathan Séguin (le Petit Prince) et Sandra Uhlrich (le renard).
Une centaine d’élèves de l’école secondaire catholique Saint Frère-André, à Toronto, ont offert une adaptation libre et contemporaine des textes du roman Le Petit Prince...
En lire plus...

22 mai 2017 à 12h17

Une nouvelle appli de Parcs Canada pour découvrir le pays

application parcs canada
À l’occasion du 150e anniversaire de la Confédération, Parcs Canada lance une toute nouvelle application mobile pour permettre aux voyageurs de préparer leur voyage...
En lire plus...

22 mai 2017 à 12h16

Un diplôme honorifique du Collège Boréal à Dada Gasirabo

Dada Gasirabo
Le Collège Boréal conférera un diplôme honorifique en Affaires et services communautaires à la directrice générale d’Oasis Centre des femmes à Toronto, Mme Dada...
En lire plus...

22 mai 2017 à 12h16

Remaniements aux directions des écoles de Viamonde

Des cadres du Conseil scolaire Viamonde avec (à l'avant au centre, costume bleu) Martin Bertrand, le directeur de l'Éducation.
Plusieurs directions et directions adjointes d’écoles du Conseil scolaire Viamonde relèveront de nouveaux défis lors de la prochaine l’année scolaire. L’ouverture des nouvelles écoles...
En lire plus...

22 mai 2017 à 12h15

Beau Dommage et Stéphane Venne au Panthéon

Beau Dommage
Le groupe Beau Dommage et l’auteur-compositeur Stéphane Venne font partie des artistes qui seront intronisés cette année au Panthéon des auteurs-compositeurs canadiens. Ils seront...
En lire plus...

22 mai 2017 à 12h14

Quand un mot innu devient une phrase en français

Anne-Marie Proulx
La jeune artiste Anne-Marie Proulx a parcouru une grande partie du Grand Nord québécois, dans le territoire du Nitassinan où vivent les Innus, intéressée d’abord...
En lire plus...

22 mai 2017 à 12h13

Visite de parlementaires marocains

La délégation de parlementaires marocains devant l'Assemblée législative de l'Ontario.
Une demi-douzaine de parlementaires marocains étaient de passage à Montréal et Toronto la semaine dernière, pour discuter d’échanges économiques et culturels avec nos gouvernements...
En lire plus...

22 mai 2017 à 12h12

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur