La bande dessinée comme outil d’apprentissage: schtroumpfez-vous français?

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Publié 12/10/2010 par Guillaume Garcia

Apprendre le français en travaillant sur des bandes dessinées; l’idée peut paraître saugrenue, mais elle permet de rendre la classe beaucoup plus interactive et distrayante qu’un simple cours de grammaire. Depuis la semaine dernière, l‘Alliance française de Toronto à North York offre un cours de français destiné aux adolescents basé sur l’étude et la compréhension de planches de BD. Farsi Nassiri est responsable de ce cours, elle nous en schtroumpfe quelques mots.

Le directeur de l’Alliance française de Toronto, Jean-Claude Duthion, est un inconditionnel de BD. Les murs de son bureau traduisent bien cette passion et sont décorés de nombreuses planches en grand format.

Lorsqu’il propose à Farsi Nassiri de partir en France suivre une formation spéciale FLE (français langue étrangère), il ne se doute nullement que la demoiselle va choisir l’apprentissage du français à partir de la bande dessinée comme option. De là part l’idée de proposer un tel cours à l’AFT.

«J’ai toujours cherché à faire quelque chose de différent dans l’enseignement du français. La bande dessinée m’intéressait, mais je ne savais pas comment l’intégrer au cours. Après la formation, quand j’ai proposé de donner un tel cours, M. Duthion m’a encouragée et m’a dit que l’AFT me fournirait ce dont j’avais besoin», indique la professeure d’origine iranienne.

Les avantages du travail à partir de BD sont nombreux pour les étudiants. Ils peuvent développer leur vocabulaire, apprendre à lire sans stress et surtout «découvrir le langage familier, les onomatopées et les expressions», précise Farsi Nassiri.

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Pour le moment, quatre jeunes ont choisi de participer à ce cours que l’AFT espère pouvoir offrir aux adultes sous peu. Farsi a même commencé à travailler sur BD avec certains adultes, mais uniquement quelques minutes à la fin des cours.

«Culturellement, le Canada est multiple et les Canadiens-Anglais ne connaissent pas trop la BD», avance-t-elle. Apparemment, les jeunes étudiants gardent encore une certaine distance avec le support du fait de leur méconnaissance. Toutefois, Farsi demeure positive et voit dans la BD la chance de travailler des champs multiples qui peuvent intéresser les élèves.

«Il y a des BD policières, de la comédie, de l’aventure. On voit dans leur réaction que ça les excite, que c’est nouveau pour eux.» Farsi a pour projet d’organiser une présentation de Paris en huit planches. «Dans les cours traditionnels, on n’a pas le temps de parler de culture, des monuments de Paris. Là, on a la chance de le faire», explique la professeure. Depuis six ans à l’AFT, Farsi Nassiri est devenue une grande passionnée de bandes dessinées depuis sa formation. Elle cherche de plus en plus à utiliser des documents authentiques dans ses classes.

«C’est un travail qui me fait plaisir de faire, c’est sur des thématiques très variées. En enseignant, tu apprends aussi, il y a un côté réciproque.» Un des petits bonheurs de Farsi, qui a fait une partie de ses études en littérature française est de mettre côte à côte une BD adaptée d’un vrai roman, par exemple Madame Bovary de Gustave Flaubert.

«J’aimerais travailler avec une planche de BD et l’extrait similaire du livre», dit-elle enjouée. Pour le moment, les jeunes travaillent sur Boule et Bill et sur les Schtroumpfs, ce qui leur permet de diversifier leur vocabulaire en imaginant ce qu’ils pourraient utiliser en lieu et place du mot schtroumpf, comme dans «je vais schtroumpfer du bois dans la forêt».

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Vous schtroumpfez l’idée?

Auteur

  • Guillaume Garcia

    Petit, il voulait devenir Tintin: le toupet dans le vent, les pantalons retroussés, son appareil photo en bandoulière; il ne manquait que Milou! Il est devenu journaliste, passionné de politique, de culture et de sports.

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