Habitants et résidents

Un lecteur me faisait récemment la remarque, par le biais d’un courriel fort sympathique, que certains journaux écrivaient le terme «résident» avec un «e», alors que d’autres employaient systématiquement «résidant» avec un «a». Il se demandait lequel des deux commettait une faute. La réponse n’est pas simple…

Il y a quelques années, une grande question s’est posée dans la salle de rédaction du Nouvelliste, le quotidien pour lequel je travaille, à Trois-Rivières.

Pendant longtemps, on écrivait toujours le mot «résidant» avec un «a» pour parler des personnes qui habitent en un lieu donné. On écrivait par exemple: «Une soixantaine de résidants du quartier ont signé la pétition pour empêcher le changement de zonage…»

La plupart des autres médias québécois faisaient de même. Mais après avoir consulté différents ouvrages et différentes recommandations, j’ai proposé à mes patrons de privilégier l’emploi de «résidents» avec un «e».

Situation floue

Pour plusieurs journalistes qui ont toujours écrit «résidants», c’était une petite révolution. Dans un journal, le mot «résidant» ou «résident» est fréquemment employé.

L’emploi de «résidant» avec un «a» était en quelque sorte logique puisque calqué sur un mot qui est presque synonyme: «habitant». N’écrit-on pas, après tout : «Les habitants de l’Ontario choisiront bientôt un nouveau gouvernement»? L’emploi de «résidant» était ainsi privilégié, compte tenu de la similitude de la terminaison et du sens.

Les dictionnaires usuels ne sont pas absolument clairs sur ce flottement orthographique. Le Robert nous dit que le nom et l’adjectif «résidant, résidante» signifie: «qui réside (en un lieu)». Et on donne comme exemple: «les résidants d’une maison de retraite». La définition est semblable dans le Larousse, mais on indique que les deux graphies sont acceptées.

Quant à «résident, résidente», le Robert énumère quelques sens possibles: un diplomate envoyé par un État auprès d’un gouvernement étranger, une personne établie dans un pays autre que son pays d’origine, une personne qui réside dans un ensemble d’habitations (par exemple les résidents d’une cité universitaire), ou un interne de médecine générale ou spécialisée.

Lieu de résidence

Il fallait donc chercher ailleurs. L’Office québécois de la langue française est plus clair.

Dans sa Banque de dépannage linguistique, une fiche est réservée à l’emploi de «résident» et de «résidant».

L’OQLF nous dit ceci: «On écrit résident et résidente, avec un e, quand ce mot est employé comme nom ou comme adjectif pour désigner ou qualifier une personne qui habite en un lieu donné.» Et les exemples sont clairs. On mentionne notamment: «Les résidents de Montréal sont allés aux urnes.»

Une capsule sur le site web de l’Office québécois de la langue française nous éclaire davantage. On y indique que «la position de l’Office vise à simplifier l’analyse qu’on en fait».

Il est donc proposé d’utiliser l’orthographe résident ou résidente pour désigner ou qualifier toute personne qui réside dans un lieu donné. Il faudrait donc écrire: les résidents d’un quartier, d’un centre d’hébergement, d’un foyer, etc. Ce sera également le cas pour les médecins résidents ou encore pour le statut de résident permanent.

Participe présent

En fait, la volonté de simplifier se traduit par le fait de laisser la graphie «résidant» à l’emploi du participe présent du verbe résider, lequel exige un adverbe ou un complément de lieu. Comme dans: «Les personnes résidant à l’extérieur du Canada…» ou encore «Les citoyens résidant à proximité des grands axes routiers…»

La logique derrière cette règle est équivalente à celle de «président» et de «présidant».

Pourtant, le nom et le participe présent dérivés du verbe «habiter» ne suit pas cette règle. On n’écrit pas «les habitents de Sudbury», mais bien «les habitants».

C’est peut-être ce qui explique le flottement dans l’usage. Il arrive même, lorsque des textes de La Presse sont repris dans dans Le Nouvelliste, que l’orthographe diffère, puisque la rédaction de La Presse privilégie «résidants». Alors il pourrait très bien arriver – et ça s’est sans doute déjà produit – de voir les deux graphies dans un même journal, sauf si l’œil aguerri des pupitreurs ou des correcteurs s’est arrêté sur ce mot et que ces derniers ont fait la correction, qui n’en est pas vraiment une…

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