École secondaire dans les Beaches: les parents poursuivent le gouvernement

Me Nicolas Rouleau et des membres de la Coalition PESQ.

Me Nicolas Rouleau et des membres de la Coalition PESQ.


19 juin 2017 à 16h50

Des parents francophones des Beaches et de l’Est de Toronto ont déposé la semaine dernière une poursuite en justice contre le gouvernement provincial qui tarde à financer la construction d’une école secondaire publique dans leur secteur.

Pilotée par Me Nicolas Rouleau auprès de la Cour supérieure de justice de l’Ontario, la requête de Lianne Doucet, au nom de la Coalition de parents pour une école secondaire de quartier (PESQ), fait valoir que leurs droits sous l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés sont enfreints.

Leur poursuite veut souligner les inégalités qui existent dans leur quartier (les circonscriptions provinciales de Toronto-Danforth, Beaches et East York), l’école secondaire la plus proche étant le Collège français du Conseil scolaire Viamonde, au centre-ville (Jarvis et Carlton).

Le Conseil scolaire catholique MonAvenir ouvrira en septembre une nouvelle école secondaire à Scarborough. Ses dirigeants ont réitéré leur engagement à ce que le projet d’une école secondaire dans les Beaches puisse également se réaliser, mais c’est bien sûr une école catholique qu’ils proposent.

«L’ouverture d’une école secondaire catholique de langue française dans le quartier des Beaches figure déjà dans les priorités en immobilisations signalées au ministère de l’Éducation depuis l’année scolaire 2014-2015», indique la présidente Melinda Chartrand.

Celle-ci compare la situation dans l’Est de Toronto à celle de Hamilton où, face aux demandes des deux conseils scolaires, le ministère a décidé de financer deux écoles siamoises, une de Viamonde et une de MonAvenir, dotées d’installations communes et associées à un futur centre culturel. Dans l’ouest de Toronto, les écoles publique Toronto-Ouest et catholique Saint-Frère-André partagent la même ancienne école secondaire du TDSB.

«Nous avons assez d’enfants francophones, près de 1000 élèves dans trois écoles primaires locales», mentionne une dirigeante de la Coalition PESQ, Heidi Pospisil, dont la requête en Cour supérieure précise que c’est d’abord une école «publique» – présumément dans le sens de «laïc» – qui est réclamée ici.

Ce groupe de parents souligne que des centaines d’enfants francophones de la 7e à la 12e année sont forcés à parcourir de grandes distances hors de leur communauté pour fréquenter l’école secondaire de langue française la plus proche de chez eux. «Souvent ils voyagent plus qu’une heure et demie par jour pour se rendre à une école manquant des immobilisations de base pour une école secondaire, comme des espaces verts, un terrain de sports, un auditorium et des salles de classe spécialisées.»

«Au fil du temps, le manque d’école secondaire de langue française locale et de qualité a forcé plusieurs familles à transférer leurs enfants dans l’une des nombreuses écoles anglophones locales, offrant une gamme plus large d’installations de qualité et des activités parascolaires.»

«Après des années d’activisme et de lobbying, deux pétitions majeures avec des milliers de signatures, et après avoir observé la fragmentation et l’assimilation routinière de notre communauté, nous avons décidé que c’était assez», indique la Coalition PESQ. «Tout ce que nous voulons, c’est l’égalité pour nos enfants.»

L’article 23 de la Charte prévoit que francophones et anglophones ont droit à des installations scolaires en nombre, proximité et qualité égale.

En conférence de presse, l’avocat Nicolas Rouleau a rappelé que le Commissaire aux services en français de l’Ontario a lui aussi noté que le besoin de nouvelles écoles secondaires de langue française à Toronto constitue «un manquement aux obligations du gouvernement de l’Ontario».

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