25 ans d’expériences juives au cinéma

Le Festival du film juif de Toronto redécouvre Rabbi Jacob

Les aventures de Rabbi Jacob

Les aventures de Rabbi Jacob


1 mai 2017 à 19h16

Du 4 au 14 mai, le Festival du film juif de Toronto (TJFF) célèbre ses 25 ans, avec un florilège de 105 films provenant de 24 pays, nous offrant une pluralité de regards sur les aspirations politiques, sociales, culturelles et religieuses du peuple juif.

Avec 6 premières mondiales, 10 internationales, 5 nord-américaines, 30 canadiennes et 19 premières torontoises, le festival a ajouté à cette édition anniversaire un nouveau programme de courts-métrages New Israeli Cinema, afin de rendre hommage aux écoles de cinéma en Israël, et montrer les films de la nouvelle génération de cinéastes.

Également au programme de cette 25e édition, Oy Canada, un programme de courts-métrages canadiens, et Richler-On-Screen, une grande rétrospective sur Mordecai Richler (1931-2001), dont la plume incisive et ses personnages finement observés, lui ont valu d’être deux fois lauréat du Prix du gouverneur général. En 2000, un peu moins d’un an avant sa mort, il a été décoré de l’Ordre du Canada.

Mordecai Richler Photo: Jilian Edelstein
Mordecai Richler
Photo: Jilian Edelstein

Pour Jérémie Abessira, chargé de programmation au TJFF, le choix de Mordecai Richler, davantage connu pour ses déclarations incendiaires que pour son œuvre littéraire ou encore cinématographique, correspondait parfaitement.

En entrevue à L’Express, il précise: «Pour nos 25 ans et pour souligner le 150e du Canada, il était important de mettre en lumière le cinéma juif canadien.

Richler a travaillé dans le monde de la télé et du cinéma, ce que peu de gens savent. Nous avons une collection d’œuvres cinématographiques et télévisuelles scénarisées par Richler, mais aussi par d’autres réalisateurs, qui ont porté à l’écran les écrits de cet auteur emblématique, parmi lesquelles la journaliste et réalisatrice québécoise Francine Pelletier qui viendra nous présenter un documentaire sur Richler, The Last of the Wild Jew (2010), dont le scénario a été écrit par le biographe de l’écrivain Charlie Foran. Ce dernier sera aussi de la fête pour présenter Death of a Salesman et Insomnia Is Good For You, deux films mettant en vedette Peter Sellers.»

«Nous aurons aussi plusieurs rencontres, débats et panels, pour alimenter discussions et réflexions, notamment lors de la projection du film Assignement: Oh Canada! Oh Québec ! réalisé en 1992 par Jonathan Lewis, un rare documentaire de la BBC, dans lequel on voit Richler s’engager dans le débat sur la séparation du Québec, ce film sera suivi d’une discussion animée par Evan Solomon de CTV qui aura à ses côtés, le cinéaste Charles Officer, Jack Rabinovitch (le fondateur du prix Giller), le professeur et scénariste Norman Ravvin et le professeur Pierre Anctil.»

Richler-On Screen compte 15 productions, dont deux grands classiques réalisés par le Canadien Ted Kotcheff, d’après les œuvres originales de l’auteur – The Apprenticeship of Duddy Kravitz (1974), et Joshua Then and Now (1985). C’est le légendaire producteur canadien Robert Lantos qui présentera ce dernier film.

Un sac de Billes
Un sac de Billes

Films français

Cette année encore le cinéma français bénéficie d’une belle représentation avec une dizaine de films témoignant de sa richesse et de sa diversité. Entre autres :

Les enfants de la chance (2015) de Malik Chibane, cinéaste français issu de l’immigration maghrébine qui sera présent lors de la projection. Le réalisateur s’est inspiré d’une histoire vraie, celle de Maurice Grosman (Gutman dans le film), un jeune garçon juif sauvé des nazis par un médecin, à Garches.

Un sac de billes / (A Bag of Marbles) (2017) – 40 ans après sa première adaptation au cinéma par Jacques Doillon, le réalisateur québécois Christian Duguay porte une nouvelle fois sur grand écran le récit autobiographique de l’écrivain français Joseph Joffo. Le film nous raconte l’épopée de deux jeunes frères juifs en fuite dans la France occupée.

Taam, ou le goût de la rue des Rosiers (2016), documentaire de Sophie Bramly. Un très joli film sur cette rue séculaire du Marais Parisien, où religieux juifs et communauté homosexuelle parisienne se côtoient quotidiennement.

Redécouvrir Louis de Funès

L’un des grands films culte du cinéma français Les Aventures de Rabbi Jacob (1973), du tandem Gérard Oury et Louis de Funès, vu par 17 millions de spectateurs à l’époque, vous fera tordre de rire.

On y retrouve un Louis de Funès incarnant Victor Pivert, industriel français irascible et raciste, qui ne demande qu’à se rendre au mariage de sa fille, mais se retrouve confronté malgré lui à un règlement de compte entre terroristes d’un pays arabe. Afin de semer ses poursuivants, il se déguise en rabbin, après avoir croisé à Orly des religieux juifs en provenance de New-York.

Cette fable humoristique sur la tolérance sera précédée du documentaire Once Upon a Time…The Mad Adventures of Rabbi Jacob (2009) de la Française Auberi Edler, film qui met en perspective le contexte politique et social dans la France du début des années 1970.

On y voit Danièle Thompson, la fille de Gérard Oury qui a contribué au scénario des Aventures de Rabbi Jacob et qui travaille sur une suite pour 2018.

 Louis De Funès avec le réalisateur français Gérard Oury (Photo: Jacques Haillot /Sygma/Corbis)
Louis De Funès avec le réalisateur français Gérard Oury (Photo: Jacques Haillot /Sygma/Corbis)

Ouverture et clôture

 1945, film du cinéaste hongrois Ferenc Török, prix du public (Panorama Award) à la 67e édition de la Berlinale en février 2017, ouvre cette 25e édition du TJFF. Inspiré d’une courte nouvelle du romancier hongrois Gábor T. Szántó, 1945, est une incursion lumineuse dans un village de la Hongrie orientale, durant une seule journée. La projection a lieu en présence du réalisateur et sera suivie d’un Q&R.

Dix jours plus tard, le 14 mai ce sera autour du réalisateur canadien Rebekah Reiko de nous présenter en première mondiale le documentaire Mandala Beats, un portrait intimiste du bassiste israélien Yossi Fine, acclamé pour son travail avec des artistes légendaires tels que Lou Reed, David Bowie et Brian Eno.

Rendez-vous incontournable pour la communauté juive de Toronto et les amoureux du cinéma de tous horizons, le TJFF est un moment de rencontre formidable avec le cinéma juif passé et présent. C’est un cinéma audacieux et engagé, humain et sensible, parfois drôle ou dérangeant, qui a acquis ses lettres de noblesse, conclut Jérémie Abessira.

«Sur les 96 festivals de films qui existent à Toronto, le festival du film juif est le 3e en importance après le TIFF et HotDocs. J’ai vu ce festival évoluer et prendre de l’ampleur.Il y a 25 ans on projetait une dizaine de films dans une salle de cinéma, aujourd’hui les projections ont lieu dans six salles du centre-ville et le public est là… C’est un public fidèle qui lui aussi a grandi, contribuant largement à notre succès. Il faut dire que le cinéma israélien a beaucoup évolué et gagné ses lettres de noblesse à Cannes et dans d’autres prestigieux festivals de cinéma internationaux. Nous sommes donc très heureux d’illustrer la diversité des regards et la richesse de création des cinéastes juifs des quatre coins du monde.»

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